Les notions de PRENDRE et de DONNER sont au coeur du système social humain et même au delà, leur équilibre est au coeur de la nature de l’existence de l’univers… Tout “organe” qui ne ferait “que prendre” ou “que donner” signerait un grave déséquilibre, qu’on appelle “maladie”.
Pourtant, la société d’aujourd’hui semble être gravement déréglée autour de ces valeurs, elle a exacerbé et totalement survalorisé la notion de “prendre”, et complètement méprisé, ignoré, ou même pénalisé, la notion de “donner”, à tel point qu’il y a certaines personnes qui croient que tout leur est dû naturellement, gratuitement, spontanément, toujours, invariablement, sans aucune contrepartie, elles sont très fortes pour revendiquer leurs nombreux droits, mais beaucoup moins pour exercer leurs devoirs et leur magnanimité…
L’échange structure la vie : mécanisme astrologique
Le principe d’échange est au coeur de la nature, c’est ce qui a permis de structurer l’homme et sa société, depuis la nuit des temps, tout tourne autour de cette notion de troc, “je te donne ceci” et “tu me donnes cela”, ou “j’apporte à la société ceci” et en échange “la société me valorise comme cela”, c’est ce qui a donné par la suite la “monnaie” (principe d’échange de “valeurs”), puis tout le système économique moderne actuel.
Astrologiquement, PRENDRE est une notion que l’on retrouve plus dans l’Animus, dans la polarité positive, agressive, mais elle peut être évidemment déclinée dans chaque énergie planétaire y compris celles de l’Anima, on peut vouloir obtenir de l’autre par exemple, des émotions -Lune- ou de l’affection -Vénus-, ce qui entraine parfois différentes manipulations ou perversités si on ne veut que des choses à sens unique (les fameux pervers narcissiques que connaissent beaucoup de femmes en sont un exemple).
Mars, en tant que principe d’action, est à la racine du processus de PRENDRE, juste derrière la volonté (le Soleil), la planète donne l’étincelle de désir qui provoque la prédation, et elle peut nourrir l’agressivité et la violence d’obtenir ce que l’on veut, mais elle n’oblige pas pour cela à la négation de l’autre…
Cette négation de l’autre qui pousse à ne rien vouloir lui donner en contrepartie, ce manque de respect élémentaire, vient de mécanismes beaucoup plus profonds qui ont trait à la structure globale du thème, et qui englobent certainement une pluralité de causes, positions en Signes, en Maisons, et évidemment Aspects Astrologiques…
Mercure est un principe neutre, mais qui symbolise justement bien l’échange, le commerce, la circulation, le mouvement, l’alternance de polarités entre les phases actives et passives, la planète représente l’intelligence derrière ces schémas… Aussi un mercure en débilité ou maléficié peut très bien entrainer une rupture psychologique dans cet équilibre “prendre / donner”, au profit d’un coté ou de l’autre d’ailleurs, tombant dans l’excès soit de rétention, soit de dilapidation.
Les planètes sociales Jupiter et Saturne, représentent bien à merveille ces 2 polarités de donner et de prendre, mais développé dans un cadre collectif, pas seulement personnel.
Jupiter peut être justement la générosité, le don de ses connaissances, le soin, l’ouverture sur la foi en l’autre, au monde (à l’image du centaure légendaire Chiron), la planète est un rayonnement émis qui permet de relier, de rassembler, d’englober (étymologie de religion).
Tandis que Saturne représente plus un principe de conservation, de conservatisme, de restriction, de limitation, d’austérité, d’économie, la planète est une cristallisation, une contraction, non seulement elle fige, elle retient, mais elle tend à ramener en arrière ou vers soi… Des valeurs d’ailleurs que l’on retrouve beaucoup dans la Terre en général (Taureau, Vierge et Capricorne, ainsi que leurs maisons afférentes Maison 2, Maison 6 et Maison 10).
Je précise qu’il ne faut pas tomber dans l’extrême inverse, et que les valeurs terriennes de “coagulatio”, de prudence, de canalisation, de frein, vecteurs parfois d’un certain égoïsme, ont évidemment de très bons cotés, très utiles, et même indispensables dans l’équilibre général, pour permettre justement de structurer l’extrême inverse du don absolu, universel, allant jusqu’au sacrifice total et même à la négation de soi ! Des valeurs que l’on retrouve à différents niveaux dans les planètes transpersonnelles (Uranus, Neptune, Pluton), qui tendent à dissoudre l’individualité au profit d’entités suprapersonnelles (ce qui peut entrainer d’autres problèmes évidemment dans les excès).
Mais fondamentalement, DONNER n’est pas s’appauvrir, donner c’est aussi, et surtout, reconnaitre un mécanisme d’échange et fondamentalement une valeur à l’autre, à sa personne, à son travail, à son temps…
Donner c’est être capable de reconnaitre une équivalence entre un peu de ce que l’on vaut soi même (ou de la valeur que l’on croit avoir), et la valeur de l’autre (si toutefois on consent du haut de notre trône à lui en accorder une).
Donner c’est au final RECEVOIR, c’est laisser une ouverture au principe d’échange qui fait la vie, sans don, de soi, de son temps, de sa personne, de son argent, il ne peut y avoir de logique de contrepartie, et il ne devient plus légitime de PRENDRE ! c’est ce qui fait la différence entre un parasite qui vient phagocyter son hôte et une symbiose intelligente.
Car de toute façon le parasitage indique la mort pour l’autre, lorsque l’on est confronté à une entité qui ne fait que “prendre prendre prendre”, on s’affaiblit, physiologiquement, mentalement, émotionnellement, financièrement…
Tout n’est pas dû dans ce monde, aussi on peut choisir de vivre en bonne intelligence avec ses frères en acceptant la logique d’échange, au profit de tous; ou on s’expose à faire toujours la guerre à l’autre pour toujours plus de possessions, pour une vie triste d’égoïste, stérile, qui finira de toute manière dans l’aigreur et la solitude…
Est ce vraiment le sens que l’on veut donner à sa vie ?
Un enfant est toujours le fruit de son innée et de son acquis, aussi si on ne l’éduque jamais, même si il a génétiquement les meilleures bases, il se heurtera toujours aux limites de sa propre bêtise de laquelle il sera incapable de s’extraire, car seul l’autre le peut… Et notre monde a beaucoup besoin d’éducation !
Comprenne qui pourra, ou qui voudra…



Christophe bonjour et bravo.
Tellement bien dit, des paroles avec du caractère qui énonce clairement donner et recevoir.
Merci encore
Bonjour Josee,
Merci pour votre témoignage… 🙂