L’astrologie nous enseigne que la vie humaine n’est pas une ligne droite, mais bien une succession de cycles rythmés par les mouvements des astres et que j’ai pu traiter dans différents articles.
Y a-t-il une forme de “cap” à atteindre symboliquement dans ces cycles ?
Si la culture populaire et l’astrologie se sont largement emparées de la fascination pour la “crise de la quarantaine” (cette phase d’opposition d’Uranus à sa position natale qui bouleverse fortement nos structures en milieu de vie), on s’intéresse moins à l’importance du cycle qui vient symboliquement clore ce grand voyage : le retour d’Uranus à sa position natale !
Peut être aussi car on le vit à une période d’existence où l’on a peut être moins d’énergies dynamiques, que cette phase est plus compliquée à exploiter…
C’est un cycle qui n’est certes pas connu par tout le monde malheureusement durant son incarnation présente, mais avec l’allongement général de la durée de la vie dans les pays développés, de plus en plus de personnes risquent de l’expérimenter ! (d’où l’importance de s’interroger sur ce qu’il peut symboliser)
Après environ 84 longues années, Uranus effectue en effet son retour à sa position originelle…
C’est d’ailleurs la seule planète transpersonnelle dont la durée de vie humaine actuelle permet de connaitre le retour, puisque la planète transpersonnelle suivante, Neptune, demande 165 ans, quant à Pluton on parle de 248 ans !
Cela est déjà tout un symbole en soi, comme si en matière de forces transpersonnelles, seule Uranus était vraiment “accessible” actuellement à l’homme à la pleine compréhension de son cycle complet.
Et c’est une planète attachée directement au processus alchimique de Sublimatio, d’élévation, de spiritualisation…
Si l’âge de 42 ans, avec la phase d’opposition, est l’âge du bouleversement de vie et de la remise en question radicale, celui de 84 ans est celui d’une forme d’aboutissement.
Mais au-delà de la simple fin d’un cycle biologique, assistons nous à un basculement de la structure même de l’être ? Ce retour est-il une simple étape du vieillissement, ou représente-t-il le véritable “point de non-retour” vers une dimension transpersonnelle à partir duquel on doit aller conquérir Neptune ?
De la Révolution à la Réalisation : Le lien avec l’opposition d’Uranus
Pour comprendre la portée du retour d’Uranus, il est indispensable de déjà bien se remémorer la dynamique de son opposition.
Comme nous l’avons analysé lors de notre étude sur l’opposition d’Uranus à sa position natale, cette phase de la quarantaine est marquée par la rupture, la destruction des schémas sclérosés et la recherche d’une nouvelle liberté, qui soit notamment plus “authentique” vis à vis de ce que l’on a pu hériter au niveau familial.
C’est le moment où l’on “renverse la table” pour s’aligner sur ses idéaux profonds et où l’on peut plus “oser être vraiment soi même”.
Le retour d’Uranus, quant à lui, propose logiquement une dynamique différente de fin de cycle : il ne s’agit plus de révolutionner sa vie (puisque nous l’avons déjà largement accompli à ce stade), mais de réaliser son essence.
Si l’opposition créait notamment des tensions entre “sécurité et liberté“, le retour suggère la résolution de ces antagonismes par la complétude du cycle.
Nous revenons à “l’origine” en quelque sorte, mais avec la sagesse précieuse de tout le chemin parcouru, de tout ce que l’on a accumulé dans le tissage progressif des différents cycles.
On ne cherche plus à transformer le monde ou son environnement, on cherche à intégrer pleinement l’essence de ce que l’on est devenu après avoir traversé les tempêtes de l’existence (voir le symbolisme de l’aspect de Conjonction).
Par la même occasion, on peut se préparer aussi pour la prochaine incarnation, dans le passage de témoin que cela peut représenter symboliquement, dans la perpétuation des connaissances acquises “au-delà”…
La maturité énergétique : Le passage des 1008 lunes
Pour appréhender la profondeur de ce cycle, il nous faut quitter le domaine du temps mécanique (celui des horloges et des montres qui ne connaissent que la mesure froide) pour entrer dans celui du temps vivant.
C’est d’ailleurs une vidéo du yogi Sadhguru sur cet age de 84 ans qui m’a donné l’idée de développer cet article.
Comme le souligne avec justesse Sadhguru dedans, le corps humain possède une horloge biologique et énergétique bien plus complexe.
Le calcul est ici vertigineux : 84 années de vie correspondent à environ 1008 cycles lunaires (Lunaisons).
Chaque nouvelle lune et chaque pleine lune agissent comme une empreinte énergétique sur notre système.
Et l’accumulation de ces 1000 cycles crée une maturité du système énergétique qui dépasse la simple mécanique biologique.
À cet âge, l’être devient un réceptacle de forces qui transcendent sa propre personnalité (on peut supposer l’évolution de ses corps énergétiques en conséquence également).
En nous appuyant sur la réflexion de Sadhguru (extraite de son enseignement sur les cycles planétaires), nous pouvons comprendre que si le Soleil est la source d’énergie extérieure qui anime notre vie, la Lune représente nos fondations intérieures et notre proximité avec l’essence même de la Terre.
À l’approche du retour d’Uranus, l’individu, ayant été le témoin de 1008 lunes différentes, atteint un état de maturité où tout son système énergétique est capable de s’élever plus facilement au-delà des simples cycles de la vie biologique (c’est ce que l’on peut ressentir chez certaines personnes de cet age plus facilement, et que l’on appelle de manière large “la sagesse” justement).
L’assouplissement de la structure karmique : Vers une libération
L’un des phénomènes les plus fascinants de cette période peut résider dans ce que l’on pourrait appeler “l’assouplissement” de la structure karmique, on le ressent car la personne est plus “libérée”, notamment vis à vis de ses peurs et de ses attachements précédents.
Tout au long de notre vie, nos schémas de comportement, nos habitudes et nos traumatismes forment une sorte d’armure psychologique, une servitude qui nous maintient dans des patterns répétitifs, et les 1008 lunes successives arrivent pour agir dessus en permanence, pour “ramollir” ces forces et les rendre plus faciles à la digestion, à la transformation, et à 84 ans ce travail évolutif trouve une forme de pic d’influence.
Pour cela, on peut observer souvent, entre 83 et 85 ans, un changement radical de caractère.
Ce n’est pas une simple perte de mémoire ou un déclin cognitif au sens classique, mais bien une dissolution des armures psychologiques.
Pour avoir eu la chance de côtoyer plusieurs personnes franchissant cet age, à commencer par mes grands parents, on peut voir que différentes “circonstances de vie” poussent vers cette évolution, même par la force des choses, et que cela traduit une émancipation.
La structure karmique se “relâche” on dirait et ce que la personne percevait comme sa personnalité rigide s’efface pour laisser place à une forme de fluidité nouvelle (cela peut être dû par exemple aux liens avec les petits enfants, mais aussi à des phases de deuil ou de maladie parfois selon les thèmes des personnes).
Sur le plan transpersonnel en tous les cas, ce retour d’Uranus marque bien on dirait un moment où le lien avec la “mémoire de la matière” s’amenuise.
L’énergie personnelle, ne se sentant peut être plus vraiment assez prisonnière des structures terrestres et des cycles de naissance et de mort, peut envisager une libération ou peut la sentir se rapprocher.
C’est vraiment l’aspect ultime du mouvement uranien qui se prépare : la capacité à briser les liens avec le conditionnement terrestre pour retrouver une liberté absolue.
On définit souvent la mort comme un processus binaire, mais on peut supposer aussi qu’elle s’installe en réalité tout au long de notre vie et que nos champs énergétiques évoluent en conséquence pour cela, et en se “délitant” en quelque sorte progressivement, ou en s’ouvrant un peu comme une fleur…
A 84 ans, notre coquille énergétique peut être assez mûre pour nous laisser nous détacher progressivement (comme le fruit arrivé à maturité), et aller vers de nouveaux cycles, de nouvelles réalités.
L’enjeu spirituel : Vivre consciemment pour bien partir
Si le retour d’Uranus est une porte, la qualité de notre passage de celle-ci dépend grandement de notre pratique et notre niveau de conscience (ce que les yogis appellent la sadhana, le respect des règles de conduites comme les niyamas, dont la pratique de santosha, le contentement, que j’ai traité dans un article).
Le défi n’est donc pas seulement de vivre juste assez longtemps pour atteindre ce cycle et cet âge, mais de le faire avec une présence accrue, dans une conscientisation permanente de ce que l’on est…
Le risque étant surtout, passé un certain âge, de s’arrêter d’évoluer, de penser que l’on est “bloqué ou figé” sur nos bases, que tout est sclérosé et en oubliant que la vie est un cycle qui se répétera, qui continuera.
Le véritable enjeu spirituel réside donc dans l’exploitation de cette période pour transformer la fin de vie en une consécration de notre existence, de notre thème natal, un peu comme une maximisation de celui-ci (si la santé et l’énergie le permettent bien évidemment).
Un peu comme si l’on devait maximiser nos qualités, aussi dans la force d’empreinte qu’elles pourront laisser aux autres dans ce que l’on pourra perpétuer.
Si nous avons cultivé la conscience au fil des décennies, ce “point de non-retour” ne sera pas perçu comme une fin tragique, mais comme une libération magistrale, une apothéose.
À l’inverse, si nous restons prisonniers de nos frustrations et de notre amertume, de nos peurs comme de nos blessures, le cycle pourrait n’être qu’une simple conclusion biologique et la poussière qui est mise là sous le tapis sera retrouvée ultérieurement d’une autre façon.
Tout l’héritage énergétique que nous laissons à notre entourage dépend de cette transformation.
Un individu ayant traversé son retour d’Uranus avec conscience laisse forcément derrière lui une empreinte de joie et de sérénité, un témoignage de ce que l’âme humaine peut accomplir lorsqu’elle s’affranchit des contingences matérielles.
Et de plus en plus, avec l’espérance de vie grossissant, de nombreux êtres humains pourront vivre ce cycle et le sublimer !
Accompagner au mieux l’apothéose du cycle uranien
En définitive, le retour d’Uranus à 84 ans ne doit pas être redouté comme une crise, mais célébré comme une apothéose.
Ce n’est pas la fin de l’histoire, mais l’aboutissement d’un grand oeuvre, l’amélioration d’une bibliothèque.
Et c’est quelque chose qui peut se préparer d’ailleurs symboliquement dès l’amorce de son second retour de Saturne, qui est l’autre grand cycle générique avant ce retour uranien…
Je vous invite donc à ne plus voir la vie comme une ligne droite s’amenuisant progressivement vers le néant, mais comme une succession de cycles sacrés.
Chaque retour planétaire, chaque accomplissement de cycle, nous rapproche un peu plus de notre essence la plus pure, nous dépouillant, couche après couche, de ce qui est accessoire pour nous ramener à l’essentiel : notre part d’éternité.
Et tous les âges sont bons pour cela, ils ont chacun leurs propres expériences à nous faire vivre…
N’hésitez pas à laisser votre témoignage si vous vivez actuellement ce retour d’Uranus ou si vous l’avez vécu ! C’est toujours enrichissant… 🙂



Bonjour,
Votre article est tres beau…je vais dire des sautises car je ne maitrise pas du tout l’astrologie, néanmoins je dirai que je suis dans la phase de saturne la 40aine bien entamée !!! mais c’est un plaisir de lire que nos évolutions à venir mettent en lumiere une liberation et l’accueil de l’essentielle plutot que de s’acharner sur du materiel futil.
J’aime beaucoup vous lire même si je l’avoue ma vie ne se dessine pas en fonction des transites qui pourraient m’apporter d’avantage de serenité. Cela dit vos écrits reste quelque part en moi et m’accompagnent.
Tres belles journées et nuits à vous
Bonjour,
Peut être êtes vous dans la digestion de la crise de milieu de vie de la quarantaine avec l’opposition d’Uranus à sa position natale ?
C’est la vision humaniste de l’astrologie de croire en la nature saine des processus évolutifs 🙂
Si vous étudiez la psychologie humaniste, vous retrouverez le même type de réflexions…
Je suis heureux en tous les cas que cet article vous ait plu.
Belle journée à vous également.
merci pour cette vision très enthousiasmante de notre chemin terrestre🙏🙏
Avec plaisir 🙏 🙂
La voie pour peut-être aller conquérir Neptune, vous dites? Neptune se situe au-delà…..?
Dans l’ordre des planètes du zodiaque, si l’on analyse en effet en partant du Soleil, on a Saturne, Uranus, puis Neptune, donc on peut supposer qu’il y a un lien évolutif direct entre Uranus et Neptune 🙂
Merci pour cette analyse, il me reste 10 ans avant ce retour, si je suis encore là je vous en reparlerai…….
Avec plaisir, si je suis encore là je vous écouterai… 🙂
Merci pour ce bel article Christophe, tellement d’actualité 🌞
Je me permets d’ajouter juste une chose, une pensée dans laquelle se trouve, selon moi, la Clé en tant que secret d’Uranus :
“Sciences sans Conscience n’est que ruine de l’âme” :
– François Rabelais
(Uranus-Sciences et Saturne-Conscience, les deux maîtres du Verseau).
Bien à vous Christophe, je vous souhaite un bel été 🌟🌞🌟
Merci Isabelle pour ces compléments 🙏
Oui faudra que j’écrive un jour sur cette dichotomie du Verseau d’avoir pour maitres Uranus et Saturne ! 🙂
Emmanuel Le Bret le fait dans son livre sur Uranus, et c’est très bien et intéressant…
Belle fin de journée et d’été à vous aussi 🙂
bonsoir merci pour vos analyses
née également pendant la guerre, très fière de l’héroïsme de mes très jeunes parents qui ont combattu – avec succès – contre l’ennemi,
héroïsme qui a conditionné mes choix de vie, j’attends de ce retour d’Uranus, qu’il nous permette de lutter contre les désordres du Monde et d’apporter une rectification majeure pour le bien être de toute l’Humanité
Bonjour, et merci de votre témoignage 🙂
Vous savez que l’archétype du héros est déjà en lui même un archétype très uranien !
On en a bien besoin en ces temps encore…
Bonjour et merci pour ces explications.
J’avoue craindre depuis quelques temps ce retour d’Uranus sur mon Uranus natal. Née pendant la guerre, je me faisais cette constatation que j’allais peut-être disparaître durant une autre guerre, celle actuelle par exemple sur notre continent européen. La carré d’Uranus, vers la quarantaine donc, a correspondu à une grave dépression, ne sachant pas à l’époque gérer les difficultés de la vie par rapport à ce que nous enseignent les transits planétaires. Le grand âge nous offre en effet ce cadeau d’une forme de sagesse, on se demande comment avons-nous pu être aussi stupide parfois.
J’essaie de ne pas trop avoir de regrets, de penser que cela fait partie des épreuves qui aident à grandir. En revanche je comprends mieux le chemin que j’ai emprunté et regarde le film avec une sorte de plaisir. Je suis assez contente de la vie que je me suis choisie, que j’ai menée, des voyages et belles rencontres qui m’ont aidée à vivre, voire à survivre.
Bonjour,
Merci de votre témoignage 🙏
Oui vous dégagez beaucoup de sagesse en tous les cas… Après vous savez, il ne sert à rien de “craindre” un transit, il y a juste un certain processus évolutif à accomplir (et cela peut même être très libérateur selon la manière dont on comprend les forces en question).
On a tout intérêt à ne pas considérer ce retour d’Uranus comme “une fin”, mais juste comme un bilan, en continuant à apprendre et à partager, cela profitera forcément au moins pour “la prochaine vie”… 🙂