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Le poids des souvenirs d’enfance en astropsychologie

Dans un précédent article, j’ai traité du psychologue Alfred Adler et de ce qu’il a pu développer autour du concept de complexe d’infériorité.

Lorsqu’il approfondissait ce concept, Adler s’est beaucoup intéressé au poids des souvenirs précoces dès l’enfance en tant qu’indicateurs de la future perception de soi au stade adulte, et de ce qu’ils conditionnaient des schémas de vie que l’individu pouvait tisser à partir de là.

Il a rapidement mis en évidence, comment certains aspects émotionnels, qui peuvent même être liés à des traumatismes dans les très jeunes années, peuvent influencer par la suite les croyances et donc le comportement de la personnalité.

On peut estimer que la période la plus sensible en cela va de la très jeune enfance (où les choses sont beaucoup perçues et vécues à travers les parents), au stade de l’adolescence (où l’individualité commence à maximiser ses liens à la société autour d’elle).

Astrologiquement, cela peut se traduire dans les thèmes natals des enfants et adolescents, en suivant leurs cycles astrologiques en Progressions secondaires et en Transits, qui peuvent être beaucoup vécus également au travers des archétypes parentaux (des tensions de leurs thèmes peuvent être liées aux épreuves que traversent les parents).

Adler précise bien d’ailleurs en cela, que ce qui est important n’est pas tant le fait objectif du souvenir en lui même, que surtout l’interprétation subjective qui en est faite par l’individualité (donc la manière dont on le vit intérieurement, ce qui pourra être plus décrit en astrologie par l’état des Progressions secondaires de la personnalité de l’enfant en question).

Ainsi, il s’est aperçu que lorsque des patients lui racontaient des souvenirs d’enfance, ceux ci étaient surtout d’excellents supports de Projection pour lui permettre de comprendre comment la personne interprétait le monde, son environnement, et la place qu’elle se désignait au sein de celui-ci.

En clair, le souvenir plus ou moins traumatique de l’enfance décrivait plus l’état de la personnalité elle même (comme sa propension par exemple à avoir des prédispositions à la Dépression endogène ou à l’inverse des facilités de sublimation), que la nature elle même du traumatisme.

Dès l’enfance, certains souvenirs peuvent ainsi constituer les germes de ce qui deviendra plus tard un “complexe d’infériorité”, qu’Alfred Adler a bien su théoriser dans son travail, pour l’avoir vécu lui même dans sa chair (ce peut être à cause d’un parent qui appuie sur une peur ou une blessure de l’enfant, qui ne l’encourage pas, ou le surprotège, mais ce peut être aussi dans la comparaison à la fratrie comme ce fut le cas pour lui).

Ainsi, plus un souvenir d’enfance est chargé émotionnellement, plus il aura tendance à être reproduit au niveau archétypique dans les schémas de la vie d’adulte, ou à les conditionner directement.

Adler a développé une application clinique thérapeutique s’appuyant très directement sur ce phénomène psychologique là.

En demandant au patient de replonger dans ses souvenirs d’enfance, c’est à dire donc surtout dans sa perception subjective de ceux ci, mais en lui demandant de porter un regard différent dessus, de le décrire différemment et objectivement, par exemple en sachant discerner les qualités de la vie d’adulte qu’il a pu lui permettre de développer par la suite (les leçons qu’il contient, qu’il en a tiré, les découvertes qu’il a pu aider, les qualités de personnalité qu’il a permis de développer, et donc en comprenant que sans ce traumatisme là, ce sont des forces qui n’auraient pas pu advenir, etc).

Le but étant de déconstruire la perception subjective initiale pour reformuler l’évènement du souvenir de manière plus constructive et de visualiser une spirale permettant de casser le schéma d’infériorité (de s’en extraire, de mieux prendre conscience de sa force et de ses qualités personnelles).

D’ailleurs Adler s’est aussi aperçu que souvent les personnes marquées par un épisode traumatique de l’enfance, l’étaient plus de manière “généralisée et diffuse”.

Elles n’avaient pas forcément beaucoup de détails spécifiques à donner sur le souvenir, mais décrivaient plus “une ambiance”, et la thérapie consistait à faire rechercher justement les détails, pour mieux faire prendre conscience au patient que c’est surtout sa perception subjective qui intervient dans ses souvenirs, plus que des faits objectifs réels.

Astrologiquement, cela pourrait s’expliquer beaucoup sur des individualités qui sont marquées par des configurations natales de Dépression endogène (comme par exemple dans un Saturne fort marquant les luminaires), qui peuvent favoriser les schémas de complexe d’infériorité.

Cette subjectivité face aux souvenirs varie beaucoup d’ailleurs d’un individu à l’autre, et c’est ce qui rend plus difficile la généralisation de cette thérapie.

Par exemple, on voit bien qu’au sein d’une fratrie, il peut y avoir un évènement traumatique lié au schéma parental, mais celui ci ne sera pas vécu et sublimé de la même façon par les différents frères et soeurs impactés.

Selon le thème natal de chacun, il est probable que certains évènements puissent avoir plus ou moins de résonance en fonction des tempéraments, et qu’ils puissent être vécus de manière plus ou moins traumatisante subjectivement parlant.

Plus récemment, en 1998, l’étude de David Pillemer, psychologue américain, a confirmé beaucoup de ces éléments initiés par Adler.

Pillemer a mené différents entretiens personnels et étudié des récits autobiographiques pour essayer de comprendre comment les souvenirs peuvent influencer nos décisions, nos croyances et nos comportements du présent.

Il s’est focalisé en cela sur la charge émotionnelle et la vivacité des souvenirs dans l’esprit (je traite beaucoup de l’importance de la charge émotionnelle dans mon cours sur le développement des processus alchimiques, car c’est aussi celle ci qui agit comme un facteur déclencheur direct des variations de ces processus, et Carl Gustav Jung précisait également l’importance de cela).

Il a ainsi pu déterminer que certains souvenirs étaient vraiment majeurs dans la construction de l’individualité, et il les a appelé les “souvenirs définissant le soi”, tellement leur rôle est vraiment crucial sur la formation de l’identité et donc le développement de la destinée.

Il insiste vraiment sur l’importance de la charge émotionnelle de ceux ci pour avoir le poids le plus important ultérieurement dans le développement de la vie d’adulte.

Donc on devine sans peine le poids vraiment très important que peut avoir par exemple le harcèlement scolaire, qui s’est énormément développé depuis des années dans nos pays occidentaux, dans la construction des futurs adultes (et les blessures profondes que cela peut générer au long terme).

Le but dans l’absolu n’est pas d’avoir une vie “sans souvenir traumatique”, ce qui semble bien peu probable compte tenu de la nature même de la vie humaine !

Mais plus d’être capable vraiment de conscientiser personnellement ces différentes étapes :

1+ Comprendre que ce qui nous a marqué en priorité c’est la charge émotionnelle subjective

2+ Être capable de porter un regard objectif différent avec le recul pour s’extraire de toute reproduction de schéma

C’est important aussi surtout, car comme l’a bien identifié Adler également, les schémas de complexe d’infériorité ont de grandes chances d’être transmis de différentes façons dans les schémas karmiques familiaux transgénérationnels si on ne les désamorce pas grâce à notre prise de conscience personnelle…

Donc tout le monde peut avoir intérêt à mener une certaine introspection sur ses souvenirs d’enfance et d’adolescence pour analyser tout cela !

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4 réflexions sur “Le poids des souvenirs d’enfance en astropsychologie”

  1. Gauthier Philippe

    Merci pour toutes vos analyses , interprétations et articles … Cependant celui ci est terriblement conceptuel, compliqué et certes savant mais pour moi difficilement compréhensible ..(ce n’est pas une critique)
    Bien souvent , c’est le consultant lui même qui vient nous mettre sur la piste des résonances entre blessures d’enfances et blocages existentiels . Sur quelles méthodes simples d’analyses astrologiques devons nous plutôt nous pencher a ce moment la ? Que devons nous regarder d’après vous ?

    1. Christophe GUILLAUME

      Il n’y a pas de nouvelle méthode d’analyse astrologique particulière à appliquer ici, les méthodes d’analyse traditionnelle s’appliquent pleinement…
      L’astrologie sera surtout utile au niveau du thème natal pour aider à poser un certain diagnostic et au niveau prévisionnel pour aider à déterminer au mieux des périodes favorables pour travailler certains éléments.
      Cependant ici l’astrologie ne pourra pas “tout faire” à elle seule, et beaucoup de points évoqués dans cet article, surtout au niveau curatif, reposent surtout sur un travail spécifiquement psychologique, et qui demandent donc d’être accompagné par un psychologue professionnel si possible sur les différentes introspections nécessaires (l’astrologue ne peut pas tout faire en la matière).

  2. Très interessant . Merci
    Comment tenir compte et mettre à profit l’énergie des astres pour pratiquer la prise de conscience et le recadrage visant à une nouvelle conscience de soi ?

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