Les Transits planétaires décrivent une horloge astrologique très précise, et au fond ceux qui sont vraiment très importants sont assez rares dans une vie, on en connait quelques uns par an, ce qui n’est pas forcément énorme.
Lorsqu’ils se rapprochent d’un point sensible du thème natal, ils colorent notre vécu d’une manière que les manuels astrologiques peinent parfois à décrire, d’où l’importance du témoignage des vécus des personnes (chaque thème étant spécifique avec ses propres nuances, qui peuvent colorer les interprétations).
Aujourd’hui, je vous présente donc le mien, qui n’est pas forcément plus important ni plus représentatif qu’un autre, mais qui pourra aider peut être certaines personnes à mieux comprendre leurs propres transits.
Au printemps 2025, j’ai connu la conjonction de Saturne et Neptune se rapprochant lentement de ma Lune natale en Bélier au 1er décan, une influence qui s’est installée au moyen terme en plusieurs phases, encore actives jusqu’au premier quadrimestre 2026.
Ce qui n’était d’abord qu’une abstraction sur une carte du ciel est devenu, mois après mois, une expérience incarnée : un voyage entre hypersensibilité, instabilité psychique, force dévotionnelle et sacrificielle, et parts plus cyclothymiques.
Loin de prétendre à une vérité universelle, je souhaite ici partager un témoignage brut, structuré en 3 temps : ce que l’astrologie en dit selon les théories habituelles (et pour comparer), comment j’ai vécu la phase d’approche (fin du printemps et début de l’été 2025), et ce que la conjonction exacte du premier trimestre 2026 a pu exprimer.
Saturne/Neptune en transit sur la Lune en théorie
En astrologie, la Lune représente le monde émotionnel, les réflexes de sécurité intérieure, la famille et l’archétype maternel.
Placée en Bélier, elle s’exprime avec une franchise immédiate, un besoin d’authenticité et une tendance à réagir vite, souvent dans l’impulsivité.
Lorsqu’un transit de Saturne rejoint la Lune natale, l’astrologie traditionnelle parle de maturation émotionnelle, de responsabilisation, parfois de solitude ou de confrontation aux limites intérieures.
À l’inverse, un transit de Neptune sur la Lune ouvre les vannes de la perméabilité : on absorbe les ambiances, les non-dits, les souffrances ou les fragilités du monde, mais cela peut aussi aider aux révélations mystiques.
La conjonction des transits de Saturne / Neptune incarne donc un paradoxe à gérer entre la Terre et l’Eau : Comment donner forme au monde émotionnel notamment ?
A priori, la Lune en tant que planète d’Eau sera beaucoup plus à l’aise avec Neptune, autre planète d’Eau, mais beaucoup moins avec Saturne (planète de Terre, froid, de restriction), qui tend à l’assécher.
Bien sûr, ces indications restent des tendances symboliques et théoriques, et énormément de choses interviennent pour moduler cela, comme par exemple l’ensemble du reste du thème natal de chacun, le degré auquel on vit son thème, et aussi l’age auquel ces phases peuvent être vécues, donc ce que l’on a pu déjà accomplir comme schémas évolutifs auparavant ou pas, etc etc.
La phase de constitution de la conjonction (printemps-été 2025) : submersion
Vers la fin du printemps 2025, la conjonction Saturne / Neptune a commencé à se tisser, l’orbe s’est progressivement resserré sur la Lune natale aussi, et avec lui, une nouvelle atmosphère psychique s’est installée.
Je ne l’ai pas vécue comme un choc ou une phase particulièrement révélatrice et mystique (comme j’ai pu connaitre lorsque mon Soleil progressé a formé conjonction sur Neptune natal), mais plutôt comme une phase “de submersion”.
Ma réceptivité émotionnelle s’est exacerbée de manière presque physique : les bruits, les lumières, les états d’âme des autres, l’énergie des lieux…
Tout résonnait plus fort, plus profondément, un peu comme avec un “effet loupe” et de résonance sur les énergies émotionnelles.
Le monde extérieur était ressenti plus intensément au niveau émotionnel, par exemple avec une sensibilité accrue au visionnage d’un film ou des informations sur le monde (dont j’ai rapidement compris qu’il fallait que je me coupe si je voulais pas m’y noyer), ou encore des états d’âme de proches.
Juin 2025 a marqué vraiment surtout un pic d’instabilité psychique, vraiment assez difficile à vivre…
Pourtant j’ai aussi des dominantes neptuniennes en natal, donc je ne crains pas spécialement ces forces au naturel, mais là il y avait une forme d’excès et de sur-saturation, vraiment pénible et où j’avais du mal à poser des limites.
Les journées oscillaient entre une lucidité émotionnelle aiguë (trop sensible à mon goût) et une submersion difficile à nommer (heureusement j’ai des ancrages de Terre saturniennes qui ont pu m’aider aussi certainement).
La Lune en Bélier, habituée à réagir en ligne droite, se retrouvait projetée dans un terrain de sables mouvants émotionnels.
C’est précisément dans ce besoin d’ancrage que j’ai trouvé une dérivation intéressante de ces énergies : aider mes parents âgés !
J’ai passé du temps à nettoyer, ranger, effectuer de petites réparations chez eux, ce qui a permis aussi des rapprochements intéressants filiaux.
Rien de spectaculaire non plus, mais un service concret, répétitif, presque rituel, et qui a pu aider beaucoup à apaiser l’émotionnel je pense.
Astrologiquement, on pourrait y voir le fait aussi que Saturne (le devoir, la structure, le soin tangible) reprenne un peu la main sur Neptune (la compassion, le lien invisible, la mémoire familiale).
La Lune en Bélier, elle, y a trouvé son canal naturel : l’action directe, le geste utile, la dépense d’énergie !
Ce rapprochement familial n’a pas seulement allégé mon instabilité, il m’a rappelé également que, parfois, le meilleur moyen d’habiter un ciel flou est de poser les mains sur ce qui est réel, tangible, concret (pour ne pas se laisser happer par des sables mouvants).
La conjonction exacte (premier quadrimestre 2026) : le balancier de la foi et du doute
Lorsque Saturne et Neptune ont reformé conjonction exacte à ma Lune, sur le premier quadrimestre 2026, la nature du processus a quelque peu changé.
Ce n’était plus une question de submersion, mais d’alternance cyclothymique plus marquée et assez étonnante pour moi, qui n’ai pas vraiment l’habitude de vivre ce genre de choses (ce n’est pas dans les racines de mon caractère on va dire).
Par exemple, les semaines pouvaient former un rythme cyclothymique d’une étrangeté déconcertante : d’un jour à l’autre, voire d’une matinée à une soirée, je basculais entre deux pôles qui semblaient s’exclure.
Certains jours, un apaisement profond m’envahissait. Je me sentais réceptif, léger, traversé par une foi profonde qui n’avait rien de dogmatique, mais plus comme un ressenti intuitif profond de l’universalité.
C’était un contact intime à l’absolu, une impression de “flotter juste”, comme si j’arrivais facilement à contacter l’unité du monde, et qu’au fond rien n’avait vraiment d’importance, tout allait déjà pour le meilleur des mondes.
Et le lendemain, ou quelques heures plus tard, le tableau s’effondrait, avec un pessimisme métaphysique qui s’installait, fait d’angoisse diffuse, de pensées sombres, de nihilisme, d’un sentiment de vide ou d’absurdité, tout semblait éphémère, fragile, voué à se dissoudre, et je regrettais de ne pas être capable de faire plus durer les belles émotions neptuniennes transpersonnelles.
Ce qui rendait ce vécu si déstabilisant, c’était son imprévisibilité et ses alternances rapides.
Aucun événement extérieur ne justifiait vraiment ces bascules (pas de tragédie particulière), c’était surtout comme une forme de combat intérieur, une indécision interne difficile à gérer.
La Lune en Bélier, qui cherche instinctivement une direction affirmative, devait apprendre à naviguer sans boussole, un peu dans le flou artistique, ce qui a été actif surtout sur le mois de février 2026.
Peut être après tout que la foi et le doute ne s’opposent pas, qu’ils se relaient en permanence dans nos combats intérieurs, mais c’est juste que là je vivais cela de manière plus intense, avec des alternances plus rapides (et déstabilisantes).
Je me suis mis aussi à la place des personnes très marquées par l’Eau dans leurs thèmes natals, un peu comme celui de Kurt Cobain que j’ai étudié, et dont j’ai pu mieux comprendre aussi ce qu’il a pu traverser.
L’avantage de connaitre l’astrologie, c’est que je savais les cycles que je vivais, je savais que cela n’allait pas durer au delà d’un certain seuil.
J’ai appris à l’observer, à ne pas m’y identifier, à respirer quand le vertige montait, à me taire et à savourer quand la grâce passait (que faire d’autre ?).
Des routines douces, un ancrage corporel, l’écriture et le travail ont servi de garde-fous pour moi, et ce sera peut être le cas pour vous aussi si un jour vous vivez ce genre de phases astrologiques !
Conclusion : Accompagner les transits sans chercher à tout contrôler
Saturne et Neptune n’ont pas effacé ma Lune en Bélier, ils l’ont simplement invitée à devenir plus vaste, et je tenais à attendre la fin de cette conjonction pour mieux en parler (même si Neptune va continuer son influence de fond dessus encore plusieurs mois compte tenu de la lenteur de son transit).
Cette période m’a enseigné que la maturité émotionnelle ne consiste pas à dompter ses vagues par la violence, mais à apprendre à surfer sur leur rythme, même quand il échappe à “la raison” ou à la rationalité.
Elle m’a rappelé que le service aux autres, le geste concret (notamment au travers la famille par la Lune), peut être un puissant ancrage spirituel également.
Si vous vivez ou traverserez un passage similaire, ou même pour d’autres transits lents, je ne vous conseillerais déjà qu’une chose : observez les sans juger, accueillez les consciemment pour ce qu’ils sont et ont à vous apprendre, c’est le meilleur chemin, et rappelez vous que les transits sont juste des catalyseurs de processus évolutifs, pas des sentences qui nous condamnent à vivre ce que l’on ne veut pas vivre, ce sont de simples leviers d’exploration de l’existence… 🙂



Bonsoir Christophe, énorme merci pour ce témoignage bien structuré, riche et passionnant.
Toujours heureuse d’apprentissage sur votre site.
Bonjour Patricia,
Heureux que ce témoignage ait résonné en vous et que mon site vous soit utile pour vos apprentissages 🙂
Bonjour
Un très grand merci pour votre partage intime et riche.
Dominée par la Lune, l’Eau, et heureusement aussi la Terre, c’est pour ma part Chiron en Bélier qui s’est trouvé en conjonction à Saturne et Neptune, brassant et re-brassant blessure et guérison.
Je me suis bien reconnue dans l’alternance déstabilisante de paix profonde et sentiment d’absurdité, marasmes de sables mouvants et lucidité que vous évoquez.
Je me permets de partager ce qui dans le même temps s’est passé pour ma mère très âgée (ayant Neptune natal à l’ascendant Lion, et Soleil natal en Capricorne).
S et N sont entrés en conjonction à son Uranus natal en Bélier (alors qu’Uranus lui, transitait son noeud nord natal).
Elle a vécu une année très complexe, entre maîtrise et lâcher-prise (deux qualités avec lesquelles elle a toujours dû surfer) ;
et comme un coup de tonnerre uranien, « choisi» de finir sa vie en se laissant glisser, en « décidant fermement de s’abandonner » (refus total de nourriture, de perfusions, de médicaments… à l’exception d’un peu de morphine à la fin)
L’ ayant accompagnée très loin, je peux témoigner de la difficulté de « contrôler l’abandon » tout en « s’abandonnant à l’implacable Saturne »…
Dans cette traversée où se sont entrechoquées les émotions, je vous partage que j’ai dû pour le coup trouver l’ancrage et lâcher prise, et n’ai trouvé meilleur conducteur que la présence et l’amour.
Un très grand merci pour la qualité de votre travail, de tout ce que vous partagez sur votre site 🙏🏻
Bonjour,
Merci de votre témoignage également…
Oui pas évident ce que vous évoquez, je compatis 🙏🏻
Mais cela semble une belle sublimation pour votre maman…