Alfred Adler est un psychologue et psychiatre autrichien, considéré souvent comme un des élèves et héritiers directs de Sigmund Freud, même si il a rompu avec les idées de la psychologie freudienne par la suite (comme Jung).
Même si il est beaucoup moins connu que Freud et Jung, il a joué un rôle très important dans le développement de la psychologie individuelle moderne et de la psychologie humaniste (qui donnera en parallèle un peu plus tard les développements de l’astrologie humaniste qu’a développé largement Dane Rudhyar, et en s’inspirant notamment des travaux d’Adler, voir son livre Astrologie et psyché moderne).

Alfred Adler est né le 07 février 1870 à 14h00 à Vienne en Autriche et son enfance fut marquée par des problèmes de santé très importants, qui lui ont fait expérimenter une faiblesse prégnante et qui ont conditionné beaucoup par la suite sa vision de la psychologie et son concept de complexe d’infériorité (alors qu’il souffrait de sa maladie, il a beaucoup tenté de prendre exemple sur son frère ainé Sigmund, qui était en pleine possession de ses forces et réussissait beaucoup sa vie, donc il tendait aussi à se comparer à lui).
Adler s’est assez rapidement dégagé des concepts freudiens qu’il jugeait comme Jung, beaucoup trop basés sur l’influence importante de la sexualité pour tout expliquer.
Adler focalisait surtout sur l’importance des relations sociales qui conditionnent pour lui énormément de la psychologie individuelle, et en considérant bien chaque individu comme étant unique.
Pour Adler, les motivations humaines profondes sont mues systématiquement en arrière plan par des aspirations sociales et relationnelles, et par le besoin sous-jacent de marquer son sentiment d’appartenance à un groupe ou à l’autre (on voit que son thème natal est particulièrement marqué par son noeud sud en Maison 7 analogique à la Balance, ainsi que par un stellium Verseau qui correspondent beaucoup à l’expression de cela).
Son fameux concept de “complexe d’infériorité” nait de là, c’est à dire du sentiment d’insuffisance qui peut être ressenti lorsqu’une individualité finit par se comparer aux autres dans son environnement social (on voit également que sa Vénus est rétrograde, ce qui peut favoriser le fait d’introvertir son propre système de valorisation).
Il a beaucoup développé cela dans son très bon livre “Le sens de la vie” (dont le titre reflète plutôt mal le contenu je trouve).
Ce complexe a 2 volets, 2 conséquences directes, soit dans un premier temps dans le sentiment d’accablement que cela peut faire naître, mais aussi en sublimation, dans la force de surcompensation que cela peut motiver et qui donne l’énergie, de faire mieux et de chercher à dépasser l’autre (une surcompensation qui peut avoir une charge même très excessive, et qui peut être liée beaucoup dans son thème natal à l’expression de sa Lune Noire Bélier, qui est beaucoup liée dans sa nature à un besoin de surcompensation dans son affirmation personnelle).
Pour Adler, le sentiment d’infériorité est principalement donc une conséquence du sentiment de manque de valeur personnelle et du ressenti de faiblesse par rapport à son environnement social (avec des expériences de rejet ou d’échec, de forces de limitation, de contraintes subies de l’autre).
Il précisait bien que ce complexe est un archétype courant de l’humanité et que tout le monde peut le ressentir à un moment ou à un autre de sa vie, même si il ne devient pas pathologique à chaque fois.
Les difficultés viennent surtout lorsque cela est ressenti de manière chronique, continuellement, et que cela crée un blocage dans les réalisations de la vie de la personne concernée, un peu à l’image de ce que j’évoque dans le syndrome de l’imposteur, dans l’évitement des défis, la sensibilité excessive aux regards extérieurs, etc.
Cela peut être dû autant à un handicap physique, mais aussi à des schémas karmiques familiaux transgénérationnels transmis inconsciemment par les parents, ou encore aussi à cause de normes sociales et culturelles qui brident la personnalité et peuvent alimenter le complexe.
Adler a beaucoup étudié la piste familiale d’ailleurs, comme il avait eu l’exemple personnel avec son propre frère ainé qu’il admirait, enviait et jalousait probablement un peu aussi…
Il estime ainsi que la fratrie est un des premiers endroits où peut naitre et s’exprimer directement le complexe d’infériorité (les frères et soeurs étant logiquement les premiers et plus proches supports de Projections relationnelles en début d’incarnation).
Le comportement des parents est aussi important en cela, soit si ils surprotègent l’enfant, ce qui peut le brider dans la confiance en ses propres capacités personnelles, soit si ils le négligent et le critiquent systématiquement, ce qui peut le rabaisser et créer des blessures profondes d’incarnation.
L’ordre des enfants dans la fratrie a été étudié également et peut jouer aussi un rôle dans le développement de ce complexe d’infériorité.
Des expériences modernes en psychologie sociale et expérimentale ont pu explorer des dynamiques similaires et confirmer les mécanismes du complexe d’infériorité, et l’impact des comparaisons sociales, de la stigmatisation ou de la perception de soi sur le comportement personnel et la cognition.
Par exemple l’étude de Rosenthal et Jacobson faites en 1968 sur “l’effet Pygmalion” et qui montre comment les attentes des autres influencent très directement la performance individuelle finale.
Cette étude a démontré en effet que dans un contexte scolaire, les enseignants à qui l’on désignait d’accompagner certains élèves (désignés complètement au hasard) tendaient à les encourager bien davantage, même inconsciemment, et que cela produisait une meilleure réussite des élèves en question ! (avec amélioration directe de leurs résultats)
À l’inverse, cette étude a démontré aussi que des attentes faibles ou négatives (perçues comme telles ou réelles) portées sur une personne peuvent provoquer des sentiments d’infériorité chez elle, et nuire totalement à sa performance finale, avec une baisse significative de ses résultats.
Donc on pourrait le résumer au fait qu’au plus on croit en nous dans notre environnement social, au moins on mésestime de soi et au plus on réussit.
Comme à l’inverse, au plus on se fait dénigrer ou ignorer par les autres, ou au plus on laisse s’installer ce genre de schéma là, au plus on tend à douter de sa valeur réelle et à se rabaisser (et l’on pourra aussi tendre malheureusement à perpétuer cela, par exemple en rabaissant ses propres enfants à son tour, et en exprimant un complexe de supériorité sur eux pour compenser sa mésestime et son sentiment d’infériorité personnelle en tant que parent).
Les choses ne sont cependant pas “figées” et des mécanismes de défense peuvent intervenir pour permettre de surcompenser ses faiblesses (ou les points qui sont perçus comme tels).
Et cela peut même devenir un puissant moteur de réalisation de l’incarnation ! (en exploitant ce que l’on considérait comme faiblesse comme un levier d’affirmation)
Adler insistait beaucoup pour cela sur l’importance de se donner des objectifs personnels à réaliser au cours de sa vie, car c’est ceux ci qui influencent énormément notre comportement (on voit là l’expression toujours de sa Lune Noire Bélier, ainsi que de son noeud nord en Maison 1 qu’il devait développer).
La famille et l’environnement social, notamment dans l’éducation, doivent avoir un rôle clé à mener sur cela, pour aider l’individualité de l’enfant à trouver ses objectifs de vie (là aussi le noeud nord d’Adler tombe en Cancer).
Il conseillait aussi aux personnes de s’engager socialement dans la coopération avec les autres pour façonner le bien être collectif, comme on peut le retrouver au niveau associatif, politique, revendicatif (là c’est toute sa dominante uranienne massive qui s’exprime, stellium Verseau, stellium Maison 11, et Uranus angulaire à l’Ascendant et conjoint noeud nord).
Il encourageait la prises de conscience et la compréhension des facteurs d’infériorité chez ses patients pour permettre de s’en dégager, de désamorcer ces mécanismes, de remettre en cause leurs interprétations négatives de leurs expériences personnelles (même en commençant par se donner de petits objectifs simples à sa portée pour se désengager de la spirale du doute).
Il se rapprochait aussi beaucoup de Jung dans le positionnement de relativisation et de spiritualisation qu’il apportait face aux épreuves, aux autres et aux échecs (il a des dominantes joviennes très importantes).
Adler conseillait en effet de voir les échecs comme des opportunités créatives de croissance, “on échoue pas, on apprend”, plutôt que de s’enfermer dans une vision d’infériorité de sa personne.
On voit à cet égard que le mélange de sa conjonction Jupiter / Pluton en carré de ses planètes d’Animus Soleil et Mars, a probablement joué un rôle très important de remise en cause de son pouvoir personnel et de besoin de spiritualisation de celui ci (Jupiter comme Pluton sont des planètes qui ont une facette très liée à l’expression du pouvoir, tant personnel que social).
C’est toujours bluffant, comme à chaque fois le thème des personnalités traduit à merveille ce qu’elles ont pu réaliser au cours de leurs vies, les concepts qui ont émergé en elles, et qui les ont façonné.
Avec cet axe des noeuds lunaires et cette Lune Noire, Adler devait en tous les cas énormément travailler sur un juste positionnement de l’individualité dans son affirmation face à l’autre et aux forces sociales, et cela a pu beaucoup l’occuper.
Alfred Adler est beaucoup moins connu que Freud et Jung, mais il n’en reste pas moins un des personnages très importants de la psychologie moderne contemporaine, donc mérite largement d’être découvert et approfondi…



Merci Christophe pour cet article fort intéressant.
J’ai découvert l’existence de Adler en lisant un livre (à succès)
“Avoir le courage de ne pas être aimé” écrit par un philosophe japonais.
En effet, il est méconnu par rapport à ses célèbres homologues Freud et Jung.
Je vais m’intéresser à ses écrits dont celui cité dans votre article. bien à vous. Malika
Avec plaisir Malika 🙂
Oui Alfred Adler mérite vraiment d’être découvert, il a dit beaucoup de choses intéressantes, et qui ont malgré tout beaucoup influencé la psychologie moderne, donc ça en vaut la peine…
Belle fin de journée.