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Freud / Jung, les divergences irréconciliables

Freud et Jung sont 2 psychiatres contemporains de la psychologie moderne qui ont contribué énormément, chacun à leurs façons, à l’avancée de cette discipline, et l’on retrouve logiquement très directement cet héritage là dans l’astrologie psychologique.

Ils se sont rencontrés initialement vers 1907, et cela a été comme un véritable “coup de foudre” entre les 2 hommes ! (platonique et intellectuel)

Ils ont tous les 2 de suite pressenti que ce lien constituerait une expérience intense et décisive de leur vie, tellement leur échange intellectuel a été intense, vif et passionné.

Il y a beaucoup eu un lien de mentor à disciple qui s’est installé naturellement, car Sigmund Freud avait 19 ans de plus que Carl Gustav Jung, il était donc “mieux installé” et reconnu que lui, avec une expérience supplémentaire.

Le premier avait un héritage à transmettre, une succession intellectuelle et psychologique à faire perdurer autour de son concept de Psychanalyse, et le second était un hériter idéal, il avait la jeunesse pour tout absorber comme une éponge et surtout la même vivacité d’esprit uranienne que Freud qui les faisait se comprendre instantanément dans leurs concepts (les 2 hommes partagent une conjonction Soleil / Uranus de Maison 7 qui y est probablement énormément dans ce coup de foudre intellectuel).

Ce lien de maitre à disciple allait donc marquer beaucoup l’archétype de leur relation, et c’est logiquement aussi ce qui instillait dès la base les premières failles possibles lorsque l’élève marquerait les différences de sa propre personnalité face au maitre.

Il y a eu une dynamique “père / fils” importante dans leur relation, avec tout ce que cela supposait comme attentes d’un coté, et comme difficultés à s’émanciper de l’autre.

Pendant à peu près 6 années intenses, ils ont eu des échanges quotidiens sur leur vision de la psychologie et de la psychanalyse, mais leurs divergences profondes se sont creusées au fil de ce temps, tant d’ailleurs sur des questions théoriques psychologiques que personnelles, et sur des visions du monde et de l’humain qui étaient vraiment très différentes sur certains points pour chacun des hommes.

Leur scission a donné les 2 grands courants de la psychologie moderne que sont, la Psychanalyse freudienne d’une part, et la psychologie analytique des profondeurs jungienne d’autre part.

Il y a beaucoup de points de divergence majeurs entre ces approches, entre Freud et Jung, et loin de moi l’idée de tous les rassembler et expliquer ici dans ce seul article, mais il est néanmoins très important d’en comprendre les points majeurs principaux.

Le rapport à la spiritualité

A mes yeux, un des points de divergence majeure entre les 2 hommes a trait à la dimension spirituelle et religieuse de la psyché humaine.

Freud était profondément sceptique sur ces questions, qu’il considérait plus comme une illusion ou une superstition née de besoins inconscients intérieurs des individus, et en lien à la recherche d’une figure paternelle protectrice.

Pour lui, Dieu n’avait pas d’existence propre et la religion était une forme de névrose destinée à permettre aux individus de surmonter leurs angoisses existentielles, et de faire face à la mort et à l’impuissance personnelle que cela pouvait générer dans la psyché (il était proche d’un nihilisme très plutonien).

Jung en revanche avait une posture quasi diamétralement inverse : il accordait une grande importance à la spiritualité et aux expériences religieuses, à l’aspect “numineux” de la vie (un adjectif qui décrit le sentiment de contact à l’absolu et au divin que traversent les personnes mystiques).

Il pensait vraiment que la quête de sens, de la philosophie, de la spiritualité et de l’expérience du divin dans la conscience humaine faisait partie intégrante du développement psychologique archétypique (en étant pré-existant en chaque homme, qui a la charge de le “redécouvrir”, et qui en forme une des étapes évolutives finales les plus élevées).

Jung a fait énormément de recherches sur les mythes, les religions, les légendes et les symboles universels du monde entier qu’il a intégré à son travail (astrologie, alchimie, Yi King compris), et qui l’ont conduit à affirmer que la religion et l’approche spirituelle, métaphysique, pouvaient jouer un rôle positif majeur et décisif dans la réalisation de soi, tant personnelle que sociale, et dans l’intégration des différentes parties de la psyché, ainsi que leur sublimation.

Jung a d’ailleurs introduit le concept de processus d’Individuation, qu’il définissait comme le but ultime du développement psychique (l’intégration des différentes parties de la psyché, conscient, inconscient personnel et inconscient collectif, aspect spirituel, Ombre), pour former un soi “unifié et complet”, du personnel au collectif et au divin.

Ce concept ne trouvant aucune résonance et aucune correspondance dans la psychologie freudienne qui ne reconnait pas et n’utilise pas d’ailleurs de concept de “Soi” étendu, dans le sens spirituel ou unifié (elle veut rester une psychologie plus “scientifique et laïque”, bien que la science lui reproche aussi certains éléments et défauts de protocoles, ou de preuves dans son approche psychanalytique).

Ce sont vraiment 2 visions différentes et opposées qui s’affrontent du divin et du lien de l’homme au monde, une vision purement matérialiste (et mécaniste, où c’est la biologie du cerveau et de la conscience qui crée le divin), et une vision plus spiritualiste (où la conscience et le divin préexistent à l’humanité, la psyché ne faisant que les redécouvrir, les capter et les exprimer).

On retrouve d’ailleurs cet affrontement dans leur définition même de la nature de l’inconscient…

Le concept d’inconscient

Pour Freud, l’inconscient est principalement une réserve de pulsions refoulées, en particulier des pulsions sexuelles et agressives, un peu comme une boite de Pandore qui serait cachée à l’intérieur de l’humain et dans laquelle on voudrait enfermer tout ce qui n’est pas ou peu recommandable de fréquenter ou d’exprimer (les névroses naissant de conflits non résolus autour de l’expression de ces forces inconscientes).

On retombe sur son modèle de Psychanalyse que j’ai expliqué dans l’article précédent et où l’humain dans son “Moi” conscient est confronté à la lutte entre ses pulsions instinctives inconscientes (le “ça” compulsif) face aux forces de répression morale de la société (le “Surmoi” qui agit comme une surcouche répressive).

Pour Jung en revanche l’inconscient est beaucoup plus vaste et forme une partie intégrante de la conscience globale (juste moins accessible par la personnalité), et qui n’est pas destinée qu’à être une sorte de “poubelle de l’esprit” où on enferme tous les démons, mais où il y a aussi du lumineux et du “numineux” donc.

Il a d’ailleurs développé aussi la notion “d’inconscient collectif”, une sorte de réservoir inné partagé par toute l’humanité, et contenant tous les différents archétypes de celle-ci communs à toutes les cultures (images ou symboles universels que l’on peut retrouver dans les rêves et les légendes, voir les 12 archétypes jungiens de conscience que j’ai traités dans un article séparé).

Jung a ajouté à ces archétypes différentes notions et concepts tels que l’Ombre, l’Animus / l’Anima, qui représentent des aspects fondamentaux de la psyché et de la conscience humaine dans son entièreté (partie consciente et inconsciente).

A la limite, le concept jungien d’Ombre peut se rapprocher à lui seul de la vision de l’inconscient freudien, et Jung insiste beaucoup sur la notion de confrontation à ce facteur et de son intégration pour faire avancer l’individualité.

Mais donc pour Jung, l’inconscient va bien au delà des parts refoulées, il englobe aussi toutes nos sources positives potentielles de créativité et de croissance spirituelle, et c’est à ce titre que l’on doit le cultiver, mieux le comprendre et “l’exprimer” (si tant est que l’on puisse être conscient d’exprimer ce qui échappe vraiment à notre conscience).

Le poids de la sexualité

C’est simple, celle-ci est prépondérante chez Freud ! Tout pour lui est plus ou moins lié dans la psyché humaine à un moteur sexuel et à son concept de libido, qui est une extension psychique de cette force sexuelle…

Il a développé toute une théorie sur les conflits et refoulements présents dès la petite enfance et en lien à la sexualité (complexe d’Oedipe / complexe d’Electre, etc etc), et qui a donné lieu à différentes dérives modernes d’ailleurs.

Ainsi toutes les différentes névroses humaines se trouvaient liées directement à tout trouble sexuel refoulé…

Jung ne partageait pas du tout cette obsession freudienne centrale sur la sexualité comme explication miraculeuse à tous les maux psychiques (et ce fut d’ailleurs un de leur premier point de désaccord majeur, dès leur première rencontre même !).

Jung ne niait pas la nature dynamique de la libido dans la psyché humaine (comme force motrice), mais il lui reconnaissait un champ d’action beaucoup plus grand que la seule sexualité pour englober aussi là encore les formes créatives, spirituelles et mentales / intellectuelles.

C’était un point d’accroche non négligeable entre les 2 hommes, entre une vision limitante freudienne de la sexualité comme vecteur de complexes, et une vision jungienne beaucoup plus englobante et holistique de l’expérience de la vie humaine.

Des divergences au clash

Avec tant de points de désaccord, tant sur la cartographie de la psyché humaine, que sur les causes et conséquences psychologiques que cela entraine, le clash n’était pas loin…

Le maitre Freud avait eu le mérite de poser certains jalons dans la psychologie moderne, mais l’élève Jung a pu aller beaucoup plus loin, sur beaucoup de concepts et beaucoup de domaines, l’élève indépendant et iconoclaste avait dépassé le maitre.

Et Freud ne pouvait pas reconnaitre les avancées de Jung, au risque de renier complètement sa propre approche psychanalytique et l’autorité qu’il s’était construite.

Il n’a pas su encourager et valoriser l’originalité jungienne dans son approche (en étant fier de son élève pour ce qu’il développait indépendamment), et a ressenti cela comme une menace pesant sur les fondements de sa Psychanalyse
Probablement avec l’expression de certains défauts plutoniens, comme la possessivité (dans la perte de son élève qu’il pensait lui appartenir) ou encore dans la jalousie.

Jung ne pouvant pas accepter que Freud se ferme à toute ouverture et évolution de sa technique, il ne pouvait que se confronter au “père spirituel” face à ses limites et à sa rigidité, et former sécession.

Les 2 hommes étant simplement pleinement les reflets de leurs 2 thèmes natals, qui expriment chacun leurs propres différences et limites, plus dans la gestion du conflit intérieur plutonien pour Freud et plus dans l’aspect mystique et symbolique jovien et neptunien pour Jung.

Cela a conduit à l’émergence de deux écoles distinctes dans la psychologie moderne, qui s’affrontent encore aujourd’hui sur la vision de l’homme et du monde.

L’astrologie, dans son essence même, trouve beaucoup plus de résonance dans sa nature avec la psychologie jungienne, c’est celle dont je me sens personnellement le plus proche, et que j’ai donc développé le plus largement dans ce site, dans mes cours d’astrologie, comme dans mon travail.

Cependant, on ne pourra jamais nier le lien de paternité qu’il y a encore entre ces 2 approches, et comprendre leurs différences reste très intéressant pour toute personne visant un apprentissage de la psychologie.

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4 réflexions sur “Freud / Jung, les divergences irréconciliables”

  1. très belle étude comparative , je vous remercie beaucoup car il y a longtemps que je désirais la faire mais je n’ai malheureusement jamais pris le temps. Je vous suis déjà depuis plusieurs années et je vous remercie pour tout le travail que vous faites. bonne continuation et mille salutations.
    cordialement Catherine D.

    1. Christophe GUILLAUME

      Merci beaucoup 🙂 heureux que ce travail puisse ainsi vous aider…
      Bien à vous

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