Des auteurs comme René Guénon ou l’astrologue Hadès ont beaucoup défendu ce concept de Tradition (à ne pas confondre avec la tradition, sans lettre majuscule).
En effet, la “tradition” sans majuscule, parle surtout des transmissions de coutumes ou de pratiques culturelles et peut prêter à confusion avec le concept de Tradition (au sens guénonien donc), qui désigne une réalité beaucoup plus profonde et universelle (non connotée culturellement).
La Tradition c’est ce qu’il y a en quelque sorte à la racine des traditions justement !
La Tradition regroupe donc un ensemble de vérités métaphysiques, universelles et immuables qui sous-tendent les différentes spiritualités et philosophies, et qui transcendent le temps et l’espace (comme les archétypes au sens jungien), donc aussi les évolutions historiques et culturelles.
Elle est la source primordiale authentique des différentes pratiques mondiales religieuses, philosophiques ou culturelles, elle est donc liée à l’essence même de ce qu’est l’humanité.
Elle correspond en quelque sorte à la racine qui relie le plus directement au divin, au delà des différents “habillages” que peuvent donner telle ou telle religion, croyance ou culture présentes dans chaque pays.
La Tradition a forcément une dimension ésotérique, puisqu’elle est liée à la révélation divine, aux prophètes et à “l’initiation” (à la transmission de ces sources originelles de génération en génération aux personnes matérialisant une disposition pour cela, pour la transformation intérieure personnelle, ou pour accompagner les autres dans cela).
Le but de la Tradition est donc l’élévation et le rapprochement vers les valeurs du divin, du transcendant.
Est considéré comme “contre Tradition” tout ce qui va à rebours de ces éléments là, et René Guénon a beaucoup développé ces éléments là notamment dans ses 2 livres :
Ses principales critiques tournent autour du fait surtout que la modernité qui s’est imposée progressivement sur le monde occidental moderne survalorise l’individualisme, le matérialisme, et le rationalisme (au détriment donc des valeurs traditionnelles).
Chacune de ses facettes modernes a forcément des qualités, mais poussées à l’extrême, elles produisent un éloignement de la Tradition primordiale.
+L’individualisme a par exemple “cassé” les mécanismes d’union collective qui faisaient le ciment des sociétés traditionnelles jusqu’alors (l’entraide, la cellule familiale et clanique), puisque l’individu en vient à se considérer comme un être seul, autonome, indépendant (y compris dans la solitude), et même au final se sentant comme “détaché” du divin et de l’univers (en perte de sens).
+Le matérialisme a favorisé la valeur de la matière, de la quantité et de l’expérience empirique, en augmentant certes les notions de confort humain du quotidien, mais en coupant et reniant aussi des réalités transcendantes qui échappent de par leur nature à l’analyse matérielle même (l’esprit dans sa nature même ne pouvant être mesuré et quantifié).
+Et le rationalisme a mis sur un piédestal le raisonnement humain en écartant toutes les connaissances métaphysiques et intuitives qui échappent à la compréhension mentale et intellectuelle (à l’analyse), ou ne collent pas avec les règles scientifiques imposées du moment (puisque métaphysique et intuition sont subjectives, non mesurables et non reproductibles).
C’est vraiment ce qu’a voulu dénoncer Guénon dans ses approches du monde moderne, la lutte de la quantité face à la perte de la qualité, c’est le sophisme contre la vérité, le publicitaire contre le philosophe, et on ne peut pas avoir 2 maitres à la fois (chaque pas que l’on fait vers un coté tend à nous éloigner de l’autre coté).
On retrouve là beaucoup des excès et dérives du capitalisme et du monde moderne, qui forgent encore l’ère humaine actuelle, pour le meilleur (prospérité et démocratisation relative des richesses) et le pire (perte de sens et de repères, même reniement des valeurs).
Le point positif, c’est que nous parlons là de “natures cycliques” qui s’alternent et s’enchainent, donc les valeurs Traditionnelles reprendront à priori de la force une fois que l’humanité aura été au fond de ce qu’elle avait à expérimenter au bout du règne de la quantité (elle ne pourra que redécouvrir la qualité).
Pour Guénon, l’entrée dans l’ère capitaliste correspond à une phase du Kali Yuga, la dernière du cycle d’existence selon la cosmologie hindoue, une période de désordre et de confusion où les principes traditionnels sont oubliés ou renversés, et où ils devront être redécouverts pour renouveller le cycle suivant.
Ainsi lorsque l’on comprend ces enchainements de cycles (ce qu’a fait une génération, les générations suivantes le défont, et ainsi de suite), il n’y a pas forcément grand chose à faire face à ces forces inéluctables qui s’alternent, mais peut être déjà simplement avoir conscience de l’existence de la Tradition, de ce qu’elle peut représenter pour chaque être humain, d’essayer de la cultiver au mieux en soi, puis d’accompagner grâce à cela les changements qui adviendront…



Bonjour
j ai reçu un message m indiquant une réponse de votre part, mais je ne le vois nulle part.
y a t il une façon particulière d y avoir accès ?
Merci de votre réponse
Bien à vous
Bonjour,
Ce peut être un problème de cache, avez vous essayé de réactualiser la page ? peut être en purgeant votre cache navigateur aussi ?
merci beaucoup, vraiment très très intéressant et hélas tellement vrai.
sachons créer des moments d échanges, de partages de joies simples en allant à l essentiel : vivre intensément l humanisme, l empathie, la bienveillance.
Le prochain article, suite de celui là, traitera de l’age du Kali Yuga, et abordera en partie ce que vous évoquez en filigrane… 🙂
Merci de nous faire connaître René Guénon. Intéressant!
Avec plaisir 🙂
En fait c’est la réalité, les 2 sont égals, ils ne servent simplement pas à la même chose, qui a dit que le ‘Yang’ était supérieur au ‘Yin’ ? personne ; ils sont à la fois opposé et complémentaire, de même le jour n’est pas supérieur à la nuit, les 2 ont leur utilité (rien n’est un hasard, pour l’observateur Soleil et Lune ont la même grosseur à l’oeil). L’individualité est essentiel (de quoi d’autres est fait la communauté ?!), on ne peut pas donner ce qu’on a pas, avant de vouloir aimer l’autre on doit d’abord aprendre à s’aimer soi-même et ayant ainsi une idée de ce qu’est l’amour on sera mieux en mesure de le partager …
Est-ce qu’être homme, masculin c’est être forcément anti-femme, anti-féminin ?! non c’est juste être dans des informations plus éprouvées, plus anciennes, plus durable que d’être à l’affut des toutes dernières nouvelles à la mode qui risquent aussi de ne plus être à jour du jour au lendemain. C’est comme comparer les 2 luminaires ; à la vue ils occupent à peu près la même espace dans le ciel, la différence est que le Soleil a un cycle lent (1 an) comparé à celui de la Lune (de 1 mois ; 12 fois plus rapide), donc les infos qu’ils fournissent étant plus vite dépassées sont moins « signifiantes ».
Malheureusement, la période actuelle n’est pas forcément vraiment capable de comprendre ce que vous évoquez, puisque l’on veut “l’égalitarisme” au dessus de tout…