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Psychologie : Jung, l’ombre et l’astrologie

L’intégration de l’ombre est la première étape du processus analytique sur le chemin de l’Individuation, avant même la prise de conscience de l’Anima et de l’Animus.
L’ombre se révèle et se réalise directement par la confrontation aux « Autres » (sens de l’Opposition, et notamment Maison 1 <=> Maison 7), l’anima et l’animus se révéleront par la suite lors de la confrontation avec le sexe opposé. Souvent, il est intéressant de souligner que ce qui est appelé anima (nature féminine) ou animus (nature masculine) pour un sexe, devient ombre pour l’autre sexe.
S’unir à son partenaire intérieur (anima/animus) signifie donc déjà d’avoir intégré l’ombre, ce qui veut dire en partie une union à ses peurs, à sa folie, à ses rejets… une phase souvent accompagnée d’une Dépression.

 

Qu’est ce que l’ombre ?

Le terme d’Ombre fait penser à l’archétype d’un Dieu sorti tout droit de l’univers mythologique horrifique de HP Lovecraft et c’est en partie justifié… ;-)

L’ombre est la noirceur, la part destructive et refoulée de la personnalité apparente, une part inconsciente, une sorte de « négatif » existant derrière le « positif » affiché au quotidien, un double inversé de la personnalité. Et c’est bien l’addition du « positif » et du « négatif » qui forme la totalité de la psyché.
L’ego est une structure mentale qui définit ce qui fait partie d’elle et ce qui est « Autre », l’ego est le conscient, l’ombre est l’inconscient. Et comme toutes nos parts d’inconscient, l’ombre aspire farouchement au conscient

L’ombre est donc ce personnage menaçant et malveillant qui sommeille en nous. Pour trouver et comprendre notre ombre, il faut analyser objectivement les parts de la personnalité (les Sous-personnalités) que nous jugeons problématiques et détestables (quelle qu’en soit la raison), et nous avons ainsi un état des lieux de notre ombre.

Tous les jugements éthiques ont une part d’ombre car dans le jugement du bien et du mal s’insinue nécessairement une valorisation totalement subjective propre à chaque personnalité et même à chaque culture, l’ombre est en quelque sorte le « négatif » de la morale (et de la tradition), elle est le « répulsif » qui pousse à la réaction de défense des « valeurs » (c’est à dire les éléments jugés comme tel, à tort ou à raison, encore une fois il s’agit de notions subjectives non absolues). On comprend ici à quel point l’ombre a façonné la personnalité humaine, l’inconscient collectif, et ses cultures à travers la nuit des temps.

Il ne faut pas confondre l’Ombre avec Anima et Animus, dans la psyché l’ombre est du « même sexe » que la personne.
Nous projetons l’ombre sur les personnes de notre sexe (ou aussi sur des personnalités morales « asexuées », états, entreprises, religions, quelconque groupes collectifs… qui constituent des substituts), nous leur attribuons ses « qualités négatives », c’est une manière de vivre par procuration cette part sombre de notre personnalité.

Lorsque nous critiquons un individu pour un de ses comportements jugé négatif, c’est en réalité à notre ombre que nous nous adressons et à laquelle nous faisons face, c’est notre propre « négatif » que nous fustigeons ! Nul négatif existant dans le monde hors de nous n’existe pas aussi à l’intérieur de nous. Si ce négatif n’existait pas quelque part à l’intérieur de nous même, nous serions même incapable de le reconnaitre…
Tout événement anodin, concernant un tiers, mais suscitant en nous une charge affective significative, doit nous conduire à des interrogations sur nous même, car cette réaction -en partie non justifiée voire démesurée- est le signe d’une expression de notre nature profonde refoulée, ainsi notre ombre est en train de s’exprimer. La réaction est proportionnelle, plus elle est vive et intense, plus le refoulement inconscient est profond.
Le but des projections sur les « Autres » est de créer le contact, de nous faire aller vers autrui, de nous confronter, parfois même de nous faire lutter, mais aussi de nous faire espérer en l’autre, au changement qui peut naitre de cette relation, et à la Créativité qui s’en dégage.

Nos complexes psychologiques sont en partie consécutifs de l’ombre, d’un choc émotionnel et affectif qu’elle peut susciter et qui cristallise pour ensuite devenir « autonome ». Les complexes sont la part d’ombre non intégrée qui provoque des blocages et des conflits psychiques, ils sont les maillons faibles de notre personnalité, la part de refoulement de notre individualité.

L’ombre peut être excessivement sombre et destructrice si on cherche à la supprimer, alors qu’elle n’est pas « mauvaise » en soi si on l’accepte.
Nous avons en partie à traverser l’ombre pour avoir accès à l’Anima et l’Animus, le psychiatre Carl Gustav Jung disait qu’il fallait rencontrer d’abord son ombre pour pouvoir se rencontrer soi même.

La douleur ressentie au contact de l’ombre est directement proportionnelle au manque de connaissance de soi.
Moins on se connait, plus on se ment à soi même, plus on refuse la réalité de cette part de nous même, plus être en contact avec l’ombre sera difficile ! Et ceci est difficile pour tous car même la personnalité la plus objective et constructive trainera les pieds face à cette part inquiétante d’elle même qu’elle préfèrera croire ne pas exister… car prendre conscience de ce « double négatif » mène à une part de chaos psychologique et d’effondrement de l’ego structuré qui tente de résister en se « sur-affirmant » comme le « vrai moi ». Pourtant c’est en réalité nous même qui créons l’ombre telle qu’elle est dans notre personnalité, nous pouvons donc la combattre en partie comme nous le voulons, mais nous ne nous libérerons jamais complètement d’elle, l’ombre fait partie de la vie !

Car l’ombre porte en elle les puissantes énergies obscures dont nous avons malgré tout besoin dans notre existence… si l’ombre est tournée vers l’inconscient, qu’elle obscurcit parfois l’esprit et brouille l’ego dans ses positions, elle est quand même « l’intuition négative » dont nous avons besoin. Elle a beaucoup de choses à nous apprendre pour peu qu’on sache l’écouter et la comprendre, et surtout qu’on ne la considère pas comme une honte inavouable qui doit restée tapie dans le secret.

Malgré tous les points négatifs que nous lui prêtons, l’ombre est un archétype nécessaire au processus d’Individuation avec ses propres « qualités » à intégrer dans la personnalité. Il faut la laisser exister et vivre, trouver le juste équilibre, analyser ses réactions pour empêcher son refoulement, plutôt que de tenter de l’étouffer au risque qu’elle ne resurgisse inévitablement au conscient par d’autres moyens d’expression et créant par la même occasion une scission dans la personnalité. Il n’est pas souhaitable d’éliminer notre part sombre et négative (du moins que l’on juge subjectivement comme telle) car elle est un moteur puissant de transformation profonde.

Intégrer son ombre c’est réaliser la globalité de son potentiel de naissance, trouver le chemin de la transcendance et de l’Individuation, aller vers la Créativité.


 

Ombre et astrologie

Pour analyser l’ombre en astrologie, il faut avant toute chose déterminer les dominantes « positives » du thème : dominantes planétaires, en Signes et en Maisons, dominantes élémentales… L’ombre est en effet directement imprégnée des qualités des Eléments Astrologiques refoulés opposés et complémentaires. Mais la difficulté est que toute partie du ciel natal peut être, peut devenir, un significateur de l’ombre.

Souvent le premier regard est ici : L’ombre s’exprime notamment par Saturne, le « grand maléfique » de l’astrologie traditionnelle, en signes et en maisons car ce sont ses matériaux saturnien de rigueur et de structuration qui façonnent l’ego en partie inconsciemment et auxquels l’ombre donne de l’épaisseur, ces obstacles nous conduisent à plus d’Individuation, plus de compréhension de notre inconscient.
Saturne incarne « l’ennemi intérieur » (du moins il le focalise, car il n’est jamais seul), c’est principalement l’état saturnien subi, la solitude, la pesanteur… comme il peut autant être porteur de prise en main de sa vie, de valeurs morales et spirituelles profondes (l’éthique évoquée plus haut), bref d’accomplissement social lorsque l’on a intégré ses vertus (voir le signe du Capricorne que l’astre maitrise).

L’ombre peut aussi s’exprimer par Pluton et les instincts qu’il représente. La force de métamorphose qui l’accompagne nait de l’inconscient donc en partie de la part d’ombre.

La Lune Noire, selon comment elle est vécue, en partie inconsciemment, est un facteur de transcendance qui lui aussi fonctionne de pair avec l’ombre. La personnalité trouvera dans cette part d’ombre inconsciente la complémentarité nécessaire au conscient pour la pleine expression du germe de son incarnation dans sa quête d’absolu. Elle peut aussi refléter des angoisses, des phobies, des échecs et « vampiriser » des énergies du conscient, c’est à dire de la personnalité « positive », allant jusqu’au rejet de soi même, y compris jusqu’au refus du corps physique (des complexes et des problèmes associés, comme l’anorexie ou la boulimie).

Les Noeuds lunaires, autant le noeud nord que le noeud sud, peuvent avoir une part sombre inconsciente. Chiron aussi avec la blessure qu’il représente. De même les Interceptions et les maisons liées, avec le déséquilibre qu’elles signalent, mettent en valeur une part d’ombre de la personnalité.

Il n’y a pas de formule magique pour déterminer où se cache l’ombre dans le Thème natal car bien d’autres facteurs beaucoup moins évidents que les méchants Saturne ou Pluton peuvent influencer… tout, y compris ceux que l’on soupçonne le moins, peuvent contribuer à l’ombre. Des « bénéfiques » affligés par une configuration planétaire compliquée (Aspects de tension, Encadrements difficiles, Maisons compliquées, etc) peuvent se retrouver partie intégrante d’une part d’ombre affectant une Sous-personnalité.

La Dépression (et les troubles psychiatriques qui lui sont associés) est une partie d’un processus naturel et salutaire de transformation de la personnalité qui met souvent l’ego directement face à son ombre de manière cathartique. (voir aussi Technique de Visualisation des sous-personnalités).

Les différents Transits réactivent souvent l’inconscient et aiguillonnent l’ombre, on surveillera évidemment les cycles longs de Saturne et de Pluton en les croisant aux cycles plus courts notamment de la Lune Noire, des Noeuds, de Mars
Les manifestations de l’ombre peuvent aussi être décelées par les Progressions, dans les réactions négatives notamment.

En Synastrie, les facteurs de l’ombre de chacun des thèmes renseigneront sur l’inconscient, les instincts, la part sombre qui peut donner matière à projection chez chacun et le compléter. Vivre sa part d’ombre par l’intermédiaire de l’autre permet souvent de l’intégrer et de l’accepter. Parfois les ombres peuvent se renforcer mutuellement et produisent alors des relations sociales révélatrices…


 

Bibliothèque astrologique :

Pour approfondir la thématique de l’ombre en Astrologie, je vous conseille les livres :

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6 commentaires sur “ Psychologie : Jung, l’ombre et l’astrologie

  1. Ah non alors, même en acceptant TOUT , c est pas sûre que je sois encore satisfaite totalement grrrrrrrrrrrrrrr pfffffffffffff alors je laisse TOUT, c est plus sage, pensa t elle, satisfaite mdrrrrr!

  2. Pour cette part d’ombre en moi, par exemple lorsque j ai envie de faire bouffer aux enfants, leurs fringues qui traînent partout, et que je visualise la scène avec un plaisir sadique, est ce assez bien représentatif de ma part d’ombre? Hihihihihi, je crois suis un peu sadique, jvais voir si pluton dans le coin !!!!