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Processus d’individuation et astrologie

Cet article est le premier d’une série d’articles de fond consacrés à la psychologie jungienne et au processus d’individuation, Anima, Animus, Ombre et Dépression y seront notamment abordés.

« Il n’y a plus aucune nouvelle frontière à explorer si ce n’est celle de l’âme humaine. » Carl Gustav Jung

Qu’est ce que l’individuation ?

L’individuation est un processus psychologique de développement et de prise de conscience de l’individualité profonde décrit et popularisé par le psychiatre Carl Gustav Jung.
S’individuer c’est se caractériser en tant qu’individu émergeant de la masse, non par l’excentricité, mais par l’affirmation de Soi, par la réalisation de sa propre complétude

Derrière cette définition en apparence simple à comprendre, il y a la réalité du processus à vivre : l’introspection, la réflexion, la solitude, les doutes, les angoisses et la Dépression, la métamorphose profonde voire la transcendance, autant de phases indissociables, inexorables.

Jung ne mentait pas d’ailleurs, il mettait en garde les personnes et soulignait que personne ne pouvait espérer réussir dans l’intégration du processus d’individuation à moins d’être poussé par l’intérieur par une véritable « vocation », par une nécessité absolue. Sans impératif, la personnalité humaine est réfractaire au changement et les bons conseils comme les bonnes volontés ne suffisent pas à elles seules à l’impulser.

En réalité, beaucoup d’hommes ne demandent pas à s’individuer, ils sont « appelés » et tirés de leur état d’inconscience relative par leur personnalité véritable qui réclame de s’exprimer, les plongeant de facto dans le processus et ses problèmes. Une voix intérieure se fait entendre pour les pousser à élargir leur conscience, à vivre une vie plus pleine.
Chacun a, théoriquement du moins, la possibilité de répondre consciemment à cet appel intérieur.

Jung concluait ainsi : « Heureusement, dans sa bonté et sa patience, la nature n’a jamais poussé la plupart des gens à se poser la question du sens de leur vie. Et lorsque qu’il n’y a pas de question, il n’y a pas besoin de réponse. »

Pour ceux qui le vivent, le processus d’individuation nécessite la réunion d’un grand nombre de conditions et de facteurs, c’est un travail au long cours qui ne dure pas moins que la vie entière pour s’accomplir aux niveaux psychologique, biologique et social.

Identifier la totalité de ses potentialités latentes et les exprimer en tendant à conserver la plus grande liberté d’action possible, ce n’est pas une mince affaire, c’est en vérité la plus haute entreprise de l’esprit humain que l’on peut mener dès l’enfance dans le meilleur des cas, mais elle est dangereuse.

Cet accomplissement est à la fois une bénédiction, un privilège, et une malédiction, véritable fardeau, car le chemin nécessite la séparation et la différenciation de la masse informe du collectif et l’émergence de l’inconscient au conscient, c’est le Grand Oeuvre alchimiste, la personnalité ressortira de la « prima matéria » non sans de multiples transformations successives et sans avoir fait face à la « nigredo », son Ombre.

L’accomplissement de la personnalité est le sens de la vie de l’homme, celui qui ne peut réaliser sa complétude passe à coté de la richesse de son individualité fondamentale et s’enfonce dans le refoulement, la frustration, avec les risques psychosomatiques que cela représente.

Pour mener à bien toutes ses transformations successives, intelligence, constance, courage de vivre, confiance en la providence et foi en Dieu sont quelques unes des armes qui aideront l’homme à triompher et à s’individuer en conscience.


 

Le processus d’individuation

S’individuer est un donc un conflit inhérent à la nature humaine, et avant de découvrir le « Soi », il faut d’abord bien renforcer le « Je », l’ego. Sans cette base, les fondations de la personnalité seront trop fragiles. Pour être réceptif à la transcendance de la vie, il faut d’abord aiguiser ses perceptions quotidiennes, cela pour donner de bonnes bases au Soi supérieur afin qu’il puisse s’exprimer au travers de votre personnalité.

Il est impossible de renforcer ce dont on a pas conscience, la première étape consiste donc à identifier la personnalité dans sa globalité, dans toutes ses fonctions, parfois antagonistes et complémentaires, tous les opposés psychiques surtout le conscient et l’inconscient, et leur reconnaitre à tous une valeur égale dans la psyché. Cette progression se fait de manière inclusive, c’est à dire en intégrant à mesure chaque Sous-personnalité en lui reconnaissant non seulement le droit d’exister mais aussi son utilité psychologique fondamentale intrinsèque.

Un homme ne pourra jamais être complet de manière parfaite, il ne pourra être « Tout à la fois », une qualité et son contraire, il devra nécessairement au cours de sa vie développer prioritairement certaines qualités au détriment d’autres : ainsi une personne logique (Air) et rationnelle (Terre) aura du mal à s’ouvrir à son intuition (Feu) et à ses sentiments (Eau), tout comme une personne sensible analysera et intellectualisera différemment d’une personne cartésienne et mentale…

Chaque individu dispose donc de « qualités supérieures » (conscientes et actives) et de « qualités inférieures » (inconscientes et refoulées), toute l’histoire de la vie humaine est d’en faire une synthèse cohérente…
Et c’est intéressant car nous croisons souvent en synchronicité sur notre chemin tout au long de notre existence les « bonnes personnes » qui nous permettent de projeter nos qualités inférieures sur elles, Ombre, Anima, Animus, nous offrant ainsi la possibilité de nous « compléter » (voir Synastrie).

Un des fondements de la psychologie moderne est de reconnaitre que les rapports entre le conscient et l’inconscient sont de nature compensatoire. Tout refoulement dans l’inconscient ressurgira inévitablement sous une forme ou une autre au conscient comme des vases communicant. Le conscient procède de l’inconscient, en réalité même, le conscient n’est à peine que la fine pointe émergée de l’immense iceberg que constitue l’inconscient. L’inconscient collectif -et ses archétypes- nourrit le conscient, et cet inconscient doit être assimilé dans le conscient lors du processus d’individuation, c’est à dire de faire en sorte que le caractère s’affirme au delà des influences sociales.

Jung disait que « la rencontre avec soi même est la rencontre avec son Ombre ». Si l’ombre se révèle par le truchement de la confrontation avec les « Autres », les relations sociales sont un passage obligé sur le chemin du processus d’individuation.

Le processus d’individuation passe donc par une réalisation sociale quelle qu’en soit sa forme, car aucun individu n’a été crée « ex nihilo », du néant, il vient d’une culture, d’une famille, d’une tradition, son destin est de s’appuyer sur ses acquis pour à son tour trouver la voie pour participer à la vie de sa société et semer les « germes semences » -comme aimait dire Dane Rudhyar– qui serviront au développement des générations suivantes.

Les relations sociales sont partie intégrantes de l’individuation, ce sont les problèmes relationnels qui permettent de réaliser ce travail lorsqu’ils atteignent un certain degré de valeur, une certaine intensité, que ce soit dans la joie ou la peine : S’accomplir socialement dans la collectivité, au bénéfice de tous, dans le partage, coopérer avec la totalité de son être psychique, bénéficier des autres mais aussi souffrir… ne pas souffrir ou stresser dans les interactions humaines revient à nier et refuser leur importance réelle.

Il ne faut surtout pas confondre l’individuation avec l’individualisme qui met l’accent sur la personne au détriment de la collectivité, l’opposition des intérêts personnels avec les intérêts collectifs, une réalité qui conduit l’individu simplement à l’égoïsme et à l’égocentrisme.

Le psychiatre Fritz Kunkel l’a détaillé avec ces notions de la « Psychologie du Nous », de la « Création continue », et de la « psychologie de Dieu » :

« Aucun être humain ne peut se réaliser s’il n’est pas en relation avec un groupe de personnes.
Même dans l’isolement le plus total, nous sommes quand même reliés à un groupe par l’imagination, la pensée, la culture, par nos désirs et nos haines, nos critiques et nos espoirs.
L’expérience du « nous » est toujours présente dans la vie intérieure de chacun. C’est le facteur qui nous pousse à partager intérieurement la vie des autres et à intervenir dans la destinée des groupes, des familles, des nations et des civilisations, en protestant ou en critiquant, en conseillant ou en participant, ou encore en affirmant son autorité.
Plus une personne trouve sa voie sur le chemin de l’individuation, plus elle se rend compte que son intérêt personnel fait place à un sentiment de responsabilité pour le plus grand tout. Elle n’existe vraiment elle même qu’en tant que membre de son groupe; et le groupe n’est vraiment que si il est relié à l’humanité.
La vrai « Soi » n’est donc pas le « Je » mais le « Nous ».
De plus le Soi n’est pas seulement amour et fraternité, il est aussi la création du Créateur, oeuvrant à travers des individus. Celui qui se trouve, trouve Dieu. Le vrai Soi est le but final du développement religieux.
D’abord le but est « Je » puis il devient le « Nous » et finalement il est « Lui ».« 

L’astrologue Dane Rudhyar s’est longuement penché sur les travaux de Jung et sa psychologie des profondeurs. Pour lui aussi, le processus d’individuation est une gestation, l’individu doit émerger du « ventre collectif » que constitue la tradition, la religion, la culture et la moralité pour atteindre la maturité psychologique et individuelle.
C’est un combat éternel entre individuel et collectif, vers la libération de la Grande Mère et du passé.

Il préconise d’établir une nouvelle relation profonde à soi même ne se contentant pas de normaliser des réactions émotionnelles ou de s’efforcer de gommer les échecs et les chocs, mais tentant d’atteindre les forces fondamentales de l’être, les fonctions et les compulsions structurelles de sa race, et de sa tradition ancestrale.
Il lui faut affronter l’humanité, tout son passé et tout son devenir, portant en lui le but divin de l’évolution humaine.

  • Réussir c’est intégrer sa personnalité et s’élever au rang d’une réelle individualité.
  • Echouer conduit à une régression, à une cristallisation sur de vieux schémas voire à la désintégration de la psyché, à l’envahissement de l’ego conscient par les énergies de l’inconscient.

Jung s’est grandement inspiré dans son travail des grands courants religieux notamment orientaux, taoïsme, hindouisme, tantrisme, yoga… c’est ainsi que les démarches psychologiques d’individuation qu’il a tracé sont en grande partie les transcriptions des démarches ésotériques de ces courants.

L’éveil de la Kundalini n’est pas tellement l’union des complémentaires homme (Shiva) et femme (Shakti) à laquelle on la réduit souvent, mais surtout l’union de l’individuel (la personnalité, l’ego) au collectif (la réalité absolue transcendante), chaque chakra représente une étape dans cette relation, ce mariage interne mystique, à la fin, l’harmonisation du principe individuel fusionnant le principe collectif en une seule unique réalité.

L’individu devient ainsi le fruit réel du collectif, il accomplit l’oeuvre de Dieu, exprimant la créativité de l’être supérieur, il réalise donc l’unité absolue de toutes choses qui réconcilie les contraires, c’est le Tao, la voie du milieu bouddhiste, l’union des chakras inférieurs instinctifs et primitifs de la sexualité avec les chakras supérieurs de spiritualité et de transcendance, en astrologie il s’agit de l’union intérieure des planètes personnelles (Soleil, Mercure, Vénus et Mars), des planètes collectives (Jupiter et Saturne) et des planètes transpersonnelles (Uranus, Neptune et Pluton).

Jung a rendu cette démarche de développement de la personnalité plus accessible aux Occidentaux, la rendant plus cartésienne, plus terre à terre et scientifique, en apparence moins mystique et donc en partie culturellement plus abordable… mais la démarche ésotérique ancestrale et la démarche de la psychologie jungienne parlent bien au fond de la même chose. Jung ne s’y était pas trompé, lorsque il évoque en conférence « La psychologie du yoga de la Kundalini », le « Mystère de la fleur d’or » ou encore lorsqu’il analyse et fait référence à l’alchimie, à l’hermétisme et à l’astrologie : plusieurs chemins, une même destination.


 

Individuation et astrologie

« La véritable personnalité a toujours sa détermination en laquelle elle croit; elle a une fidélité à son égard, comme à l’égard de Dieu, bien que, dirait l’homme du commun, ce ne soit qu’un sentiment individuel de prédestination. Mais cette prédestination agit comme une loi divine dont il est impossible de s’écarter. Le fait que beaucoup succombent dans leur propre voie n’a aucune importance pour le prédestiné. »
Carl Gustav Jung

Il est intéressant de lire cette citation en ayant à l’esprit la valeur du Thème natal astrologique pour la psychologie moderne. Jung lui même reconnaissait que pour certains de ses patients, le thème natal lui avait donné accès à une part de leur personnalité que jamais il n’aurait pu découvrir autrement et qui expliquait bien des choses dans ce que ses patients vivaient.
Le thème natal permet, comme aucun autre outil, de définir la personnalité dans sa globalité (holistique), chaque planète, chaque point, a sa place dans la complétude et donne des indices pour identifier les multiples Sous-personnalités qui composent chaque individu et pour comprendre comment les exprimer concrètement.

Ici chaque astrologue a sa propre approche. Par exemple, les astrologues karmiques mettront en avant la Lune Noire et les Noeuds lunaires dans des analyses très poussées s’étalant sur la vie entière du natif quand les représentants d’une astrologie traditionnelle, humaniste ou psychologique, s’en tiendront plus aux fondamentaux et au quotidien : Soleil, Lune, Ascendant, planètes personnelles, sociales et transpersonnelles, Transits, etc.

Au premier rang, l’expression du Soleil (le Yang masculin, l’Animus) est prépondérante (surtout chez l’homme), il veut se différencier, pousse au développement de l’ego individuel, à l’épanouissement personnel, il est la volonté, c’est l’image qu’il projettera dans la personnalité.
Ne pas confondre : le Soleil n’est pas vraiment le Soi; il est le symbole de la source d’énergie du Soi c’est à dire l’Esprit, mais le Soi est l’ensemble au complet du ciel de naissance dans sa globalité, le Soi est la complétude du thème.

La Lune (le Yin féminin, l’Anima) quant à elle, domine chez la femme, elle veut des contacts et des relations, vivre pleinement l’expérience du collectif, l’évaluer, la comprendre, elle symbolise nos besoins et encore plus les besoins affectifs.
Elle révèle de quelle manière l’individu lie un contact instinctif avec la vie du monde, avec son ressenti intérieur, parfois inconscient jusqu’à l’irrationnel, comment il est attaché à son foyer, comment vit-il son quotidien, quel est son refuge…

L’astrologue André Barbault parlait « d’affronter la ligne de grande résistance » lorsque l’on passe de la Lune (enfance) au Soleil (adulte) : lutter contre les automatismes, la suggestion, les instincts, l’émotivité, pour aller vers des « privations consenties ».

  • La Lune regroupe les attitudes premières venant de l’hérédité au stade de l’émergence vitale.
  • Le Soleil est la vie sublimée, la complexité de la personnalité dans sa synthèse psychique, la part de social, les pleines facultés, l’unité de la psyché… A ce stade, on ne subit plus un destin, mais on réalise sa destinée, on devient soi-même un centre créateur, un soleil.

Dans son livre « De la psychanalyse à l’astrologie », il précise :

La psychanalyse révèle qu’un dynamisme intérieur pousse la psyché à la réalisation de sa destinée, l’homme se porte d’instinct vers ce qui est en lui sous forme d’image ou de symbole, aussi son devenir ne dépend pas tellement comme on le croit des événements extérieurs mais il choisit dans les événements qui se présentent à lui ceux qui sont conformes à sa nature.
Aucune force extérieure ne peut agir durablement et fortement sur une âme sans la complicité de force intérieure.
Le caractère et la destinée sont 2 aspects du même déterminisme naturel, on ne peut séparer l’homme de son destin, ses tendances profondes ne se distinguent pas de son existence.

Toutes les autres planètes interviendront tantôt pour renforcer l’Animus ou l’Anima, tantôt pour animer l’OmbreJupiter, la Maison 9, le Sagittaire, bref, tout ce qui peut « Donner un sens » dans la quête de soi. Chacune pouvant initier ou participer aux différentes phases du processus d’individuation et servir plus ou moins de projection dans nos relations sociales.

Evolution en spirale, processus d'individuation

Evolution en spirale, processus d’individuation

L’astrologie est aussi utile dans l’analyse des Transits car ils reflètent l’évolution de l’individu, c’est à dire autant le stade de développement où en est l’individu actuellement, que les phases qu’il a traversé par le passé et qu’il s’apprête à vivre dans le futur. L’évolution se fait en spirale par cycles successifs, les transits activant le thème plusieurs fois.

  • Bien utilisés, les transits sont la Créativité, ils accompagnent le changement, consolident le processus d’individuation, mènent à la libération et à la réalisation individuelle et spirituelle.
  • Mal utilisés ou subis, ils peuvent produire l’effondrement du masque que s’est créé l’ego, l’exacerbation des projections de l’Ombre, l’explosion de tous les schémas de l’inconscient qui ont été refoulé, le tout menant à la confusion générale, à une rupture de vie, à ce qu’on appelle génériquement la « Dépression » (qui peut recouvrir différentes facettes de troubles psychiatriques), à une remise en question tant mentale, qu’affective, voire physique (troubles psychosomatiques).

Les Progressions et les Révolutions solaires nous indiqueront comment se régule le processus d’individuation (sur la base du fonctionnement du Thème natal), quelles portes seront ouvertes et quand ?


 

Individuation et société moderne occidentale

Au vu de ce qui précède, on peut légitimement se demander quel est l’intérêt pour nos « sociétés modernes occidentales démocratiques » (et les dirigeants qui sont derrière) qu’un individu accède à ce degré d’accomplissement ?
La réponse est simple : aucun intérêt. La société actuelle ne veut pas réellement de personnalité individuée.

L’individuation c’est la liberté, l’affirmation de soi, la réflexion, l’introspection, le développement de la force intérieure, donc en partie pour les dirigeants, un accroissement de l’imprévisibilité du comportement de l’individu
La société, elle, veut du mouton. Elle veut gérer un troupeau, une masse docile faiblement consciente, faiblement instruite, plus facilement manipulable et que l’on peut tondre, corvéable à merci, un véritable bétail que l’on peut sacrifier au besoin…

A cet effet, la société freine et empêche autant que faire se peut que l’individu enclenche un processus d’individuation grâce à une panoplie de pratiques : maternage excessif, perfusion sociale, financière et psychologique, propagande médiatique massive, subterfuges pour saper la confiance en soi individuelle, limiter et orienter l’enseignement public dès le plus jeune age, diviser la population en communautés -et même en « minorités »- pour régner, ceci est pratiqué y compris au sein des entreprises dans le monde du travail, organisation de la précarité et de la guerre du tous contre tous, et j’en passe…

Tous les éléments ci-dessus (les « clôtures psychologiques » de la société) visent simplement à créer un « individu productif » pour la société. Comprendre par là qu’on ne lui donne que les connaissances minimums que l’on veut qu’il ait, suffisantes pour qu’il puisse postuler sur le marché du travail, et « s’insérer » dans le meilleur des cas sur le chemin de « l’ascension sociale » pour devenir un bon consommateur : course perpétuelle à la compétitivité et crédits à la consommation en perspective. Une société mercantile, tout pour que l’individu bascule dans le consumérisme comme mode de vie, le plus loin possible d’un quelconque sens spirituel, exister c’est posséder, « Etre » c’est avoir…

La société lutera contre ceux qui malgré tout suivront un chemin d’individuation : marginalité, différentes formes de « persécutions modernes » (allant de pressions légales, fiscales, chape de plomb de la bien-pensance environnante et consensualité à outrance à tous les étages), bref une panoplie diverses de sanctions sociales… et malheureusement ces pressions sociales sont extrêmement efficaces si l’individu n’a pas des bases assez solides, notamment en termes d’indépendance, tant physique que matérielle, peu de gens oseront aller à contre courant.

Tout cela conduit bien souvent inéluctablement à ce que Jung évoque : une forme de solitude. Et tout le monde n’est déjà pas prêt à subir cela… Cela peut même aller jusqu’à des persécutions sociales qui ne sont pas toujours forcément conscientes mais qui peuvent résulter de pressions inconscientes du collectif sur la base de fondements sociaux, culturels ou religieux.

Cependant les individus qui bravent toutes les plaies évoquées sont appelés à devenir ce que Rudhyar a nommé des « semences »… chacun a cette possibilité innée de faire ce choix, personne ne peut le faire à votre place.

Kunkel ajoute encore à l’avertissement de Jung en parlant carrément de « purgatoire de la psychologie des profondeurs » :

« Personne ne devrait être poussé à entrer dans ce tourbillon de créativité et de spiritualité sans qu’il y ait une nécessité urgente. Si vous pouvez rester là où vous êtes, faites le. La curiosité, la recherche scientifique, le devoir moral, ne vous donnent ni le droit ni la possibilité d’entrer dans le purgatoire de la psychologie des profondeurs…. »

Pour Kunkel, dans ce processus, il est nécessaire d’un point de vue religieux, de croire ou de pressentir l’existence d’un ordre invisible et d’avoir la volonté de s’harmoniser avec lui.
Ensuite il faut avoir de la tolérance à l’égard de Dieu pour accepter de le voir tel qu’il désire être et non tel qu’on voudrait le voir. Nous devons lui donner la chance de nous enseigner quelque chose de nouveau en ce qui le concerne.

D’un point de vue psychologique, il faut avoir une certaine dose de souffrance interne pour initier le processus d’individuation, et la volonté de modifier notre structure intérieure de manière profonde et pérenne.
Il n’y a pas d’urgence, il faut se préparer intérieurement, continuellement et ne pas hésiter à attendre que ce temps soit venu, quelques années plus tard si nécessaire. Rien n’est urgent, rien n’est impératif, chacun a son rythme, il n’est jamais trop tard.

A l’heure du « strass et paillettes » et de la décadence générale de notre occident moderne tout ce qui précède n’est pas très vendeur.


 

Si vous êtes en route pour l’individuation…

Les auteurs contemporains, psychiatres et philosophes, tout comme les mystiques et les prophètes des temps anciens nous mettent en garde à maintes reprises sur l’évolution du champ de conscience… Pourquoi ces avertissements ?

Comme nous l’avons vu, à l’initiation du processus, toutes les énergies inconscientes ont tendance à être libérées. Tout ce qui est en nous, en bien comme en mal, a tendance à être stimulé. Nous faisons surgir aussi bien notre Ombre que notre lumière.
C’est un processus de métamorphose sans retour (Pluton), une fois que la porte de l’inconscient est ouverte on ne peut qu’aller de l’avant, ce qui a été ne sera jamais plus comme avant.

Commencer à analyser son Thème natal c’est commencer à s’engager sur la voie de l’individuation.
Une fois l’analyse astrologique amorcée, tout ce que nous indique notre thème natal s’en trouve fortement accentué, nous découvrons des couches profondes de nous même, nous y rencontrons aussi la peur, nous devons exprimer de plus en plus et dans tous les domaines ce que nous sommes réellement « potentiellement ».

Il ne faut jamais oublier ces considérations car s’engager sur ce chemin sans être prêt ou sans être conscient des processus en jeu peut mener autant au désastre intérieur psychologique qu’à des échecs extérieurs dans sa vie.
A ceux qui sont sur le chemin de l’individuation et dont l’Esprit universel a aidé chaque pas, il sera demandé au final : Qu’avez vous fait de mon aide ? Qu’avez vous donc accompli ?
Voilà pourquoi les sages nous ont averti…


 

Bibliothèque astrologique :

Toute l’oeuvre de Jung parle d’individuation de manière plus ou moins directe.
Toutes les oeuvres des auteurs astrologues humanistes ou plus psychologiques tels que Dane Rudhyar, Alexandre Ruperti, André Barbault, Liz Greene sont intéressantes à étudier. De même que des auteurs comme Laurence Larzul ou Irène Andrieu en astrologie karmique.
Le thème du processus d’individuation a de nombreuses ramifications qu’il est impossible de traiter dans un seul article ici.

Pour approfondir la thématique de l’Individuation en Astrologie, je vous conseille les livres :

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4 commentaires sur “ Processus d’individuation et astrologie

    • C’est un processus qui s’impose aux personnes… qui prend une importance parfois même supérieure à la propre vie et à l’intégrité de la personne… il faut faire attention et manier les choses avec prudence… ;-)

      • Son intégrité carrément ? Quelles sont ses choses à manier avec attention? Genre mars carré pluton…??

        • L’individuation n’est pas un processus qui découle d’une volonté, il apparait en quelque sorte par la force du fait de l’insatisfaction et de la crise existentielle profonde… On remue des énergies pas simples et souvent le processus est très douloureux et pose pas mal de problème dans le cadre d’une vie ordinaire, courante… Voir ce que j’évoque notamment dans mon article sur la dépression… Si on peut rester tranquille, autant le rester, d’où le fait de ne pas réveiller n’importe quoi, n’importe comment, mais on ne choisit pas vraiment… Mars carré Pluton est un processus de « calcinatio » alchimiste spécifiquement, il ne fait pas toute individuation mais peut avoir une part… tout ce qui touche les planètes transpersonnelles est souvent impliqué, de même que les maisons d’Eau…