passion-astrologue donner du sens, trouver une signification, quête de Soi et de Dieu

Donner du sens aux choses: signification de la vie

Dans les sociétés primitives, tout était centré sur l’homme et tout était sacré, lui, la vie, la Nature…
Dans nos sociétés modernes occidentales, tout est politique et plus rien n’est sacré. Tout s’achète, tout est dérision et paillettes, le sens réel des choses s’est perdu, la sacralité est bien souvent reléguée en arrière plan ou carrément reniée…
Mais derrière les strass, la politique, le Droit et la fameuse « laïcité », tout est encore religieux et le restera, même si tout le monde n’en a pas forcément conscience.

L’Esprit est le rayonnement des relations qui unissent tout ce qui existe. Tout est signifiant pour peu qu’on sache regarder autour de soi et reconnaitre les choses. Trouver une signification à la vie est probablement la tâche la plus compliquée qui occupe l’esprit humain depuis la nuit des temps, les philosophes, les astrologues et les mystiques du monde y ont réfléchi ardemment, et plus récemment nos psychologues contemporains ont pris le relais pour tenter de nous (ré)expliquer en des termes modernes de vieilles réalités… qui sont au fond très simples : les âmes humaines vont soir vers « l’or », soit vers « Dieu ».

Bref :

Qu’est ce que Dieu veut nous faire comprendre, découvrir, accomplir ? Qu’est ce que signifie mon thème natal ? Pourquoi ce Carre, ce Trigone et ces Aspects ? Pourquoi ai je vécu ces événements à cette période des Transits ?

Se poser des questions, c’est être en quête de sens. Et être en quête de sens c’est déjà en partie commencé à l’avoir trouvé

 

Stoïcisme et logique

« Mon Dieu, Donne-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux pas changer, le courage de changer les choses que je peux changer, et la sagesse de pouvoir distinguer les 2. »
Prière de la Sérénité

Cette prière, que l’on fait souvent réciter, est une merveille de sagesse face à la vie.
Elle s’articule autour des 3 pivots :

  • cultiver la sagesse nécessaire pour avoir une vue juste des choses,
  • reconnaitre et accepter une part d’impuissance face aux flots immenses des forces de la vie qui nous ballottent inévitablement
  • et aussi surtout, réussir à trouver la force du changement et la liberté de choix qui cassent le déterminisme et qui nous permettent donc de devenir réellement les maitres de notre destin en nous fournissant l’impulsion nécessaire à la sublimation et à la transcendance sur le chemin de l’Individuation

Blaise Pascal, tentait lui de convaincre par la logique de l’utilité de la foi en Dieu dans ses « Pensées » :

« Vous avez deux choses à perdre : le vrai et le bien, et deux choses à engager : votre raison et votre volonté, votre connaissance et votre béatitude ; et votre nature a deux choses à fuir : l’erreur et la misère.
Votre raison n’est pas plus blessée, en choisissant l’un que l’autre, puisqu’il faut nécessairement choisir. Voilà un point vidé. Mais votre béatitude ? Pesons le gain et la perte, en prenant croix que Dieu est.
Estimons ces deux cas : si vous gagnez, vous gagnez tout; si vous perdez, vous ne perdez rien.
Gagez donc qu’il est, sans hésiter. »
Le pari de Pascal

C’est malheureux qu’il faille en recourir à la logique et à la rationalité pour exprimer ce qui devrait être avant tout un ressenti intuitif, individuel, profond, mais il faut reconnaitre qu’il y a dans le « Pari de Pascal » une bonne argumentation sur la nécessité de croire en l’existence de Dieu, de même qu’il y a dans la Prière de la Sérénité une vision stoïque et une notion de providence qui mènent à cette sagesse…

 

De la chenille au papillon…

« Ce que la chenille appelle la fin du monde, le maître l’appelle un papillon. »
Richard Bach

Dans l’article de fond sur la « Dépression et l’astrologie », j’aborde dans des chapitres l’importance capitale de donner un sens aux choses, de leur trouver une signification, d’être dans une logique de « foi transcendante »
C’est valable dans le cadre d’un processus dépressif mais cet état d’esprit est inhérent à l’homme en tant que processus psychologique à part entière, il intervient à ce titre dans chaque facette de son existence.

On peut dire que l’homme, consciemment ou non, est dans une crise existentielle permanente, dans un questionnement métaphysique incessant (voir Astrologie et métaphysique et le Karma en astrologie).

Un des points de clivage entre Jung et Freud le plus marquant et le plus intéressant -à mes yeux du moins- est leurs abords des pensées religieuses et par extension métaphysiques. Freud y voyait simplement une sublimation des pulsions sexuelles alors que Jung les considérait non comme une sublimation ou une transformation, mais comme un instinct primordial de la nature humaine, au même point que les instincts biologiques…

Jung rajoutait :
« Heureusement, dans sa bonté et sa patience, la nature n’a jamais poussé la plupart des gens à se poser la question du sens de leur vie. Et lorsque qu’il n’y a pas de question, il n’y a pas besoin de réponse. »

Le psychiatre Fritz Künkel mettait en avant l’importance de l’expérience de Dieu au travers de l’interaction des relations humaines dans le processus d’Individuation : Celui qui se trouve, trouve Dieu, le créateur agit à travers les individus, l’individu qui s’accomplit réalise l’oeuvre de Dieu…

Souvent cet éveil spirituel n’est pas vraiment choisi, mais « s’impose » à l’individu comme une nécessité de processus (fatalité d’évoluer).
Schématiquement, on peut distinguer 3 phases relatives à l’éveil spirituel en faisant une analogie avec la chenille et le papillon :

  • En phase 1, « l’individu chenille », il est au stade primaire d’avant éveil spirituel, il est plutôt primitif et rustique (ce qui ne veut pas dire qu’il n’est pas intelligent), souvent très « terre à terre », logique et rationaliste (énergies de Terre et d’Air marquées), il a consciemment ou inconsciemment le ressenti que « quelque chose lui échappe » mais il ne sait pas quoi; il pressent l’existence d’univers qui lui sont inconnus mais sa force d’inertie le retient encore trop, il intellectualise et rationalise tout, il se ferme à ses propres intuitions et se bute sur tout ce qui se heurte à ses certitudes ancrées.
    Rompre cette phase se fait de 2 façons, soit de manière cataclysmique avec un changement brutal, soit dans un processus évolutif progressif (introspection, Dépression, etc…).
  • En phase 2, « l’individu chrysalide », l’éveil est en cours, une crise est déjà amorcée, il y a peut être eu une expérience mystique métaphysique (Jupiter), un sentiment d’universalité, ou une méditation menant à un état de conscience modifiée… la personnalité a été ébranlé sur ses bases et peut être submergée si l’ego est trop fragile (Saturne). Les expériences spirituelles nécessitent un ego renforcé pour être vécue dans les meilleures conditions, sans risque.
    Identification à Dieu (Neptune), visions intuitives, besoin de liberté et impulsivité (Uranus), sentiment de toute puissance (Pluton), hallucinations ou autres phénomènes d’éveil de la Kundalini (sensations d’électricité, etc), phénomènes de synchronicité… tous ces états aussi magiques et bouleversants soient ils ne sont que temporaires.
    Après cette instabilité commence la descente, c’est là que l’intégration des valeurs soulevées commence. Il s’agit d’un processus cyclique lent qui demande du temps, même souvent beaucoup de temps, l’afflux psychique est inévitablement suivi par le reflux.
    Chez des personnes non préparées et non informées qui ne comprendront pas du tout ce qui leur arrive, les expériences mystiques peuvent produire des ravages allant souvent jusqu’à la Dépression, même à la folie. L’ego effondré va devoir trouver des bases solides plus profondes pour se restructurer.
    Ce stade de chrysalide est une phase hybride qui correspond à une forme de mort symbolique, la chenille meurt définitivement pour pouvoir renaitre de ses cendres mais le processus n’est généralement pas sans souffrance.
  • En phase 3, « l’individu papillon », l’individu doit faire le bilan de la crise d’éveil et se restructurer, quels changements a t il retenu ? comment les intégrer à son quotidien ?
    L’existence est toujours ce qu’elle est fondamentalement, toujours les mêmes problèmes matériels et humains, seule une partie de la perception de la personne a évolué, l’individu a entrevu une autre réalité possible.
    Beaucoup de choses ont changé dans la personne, sa personnalité a été bouleversé, elle doit gérer cette nouvelle réalité psychologique et malgré tout revenir à une vie courante quotidienne plus concrète, à son simple environnement qui n’a pas changé…
    Il faut équilibrer ces nouveaux matériaux psychiques, ne pas rejeter l’Ombre pour autant même si elle sera de toute évidence beaucoup plus contrastée qu’avant, mais il faut surtout se servir de cette nouvelle lumière reçue pour en faire des choses positives. Une nouvelle vie commence, le champ des possibles est abordé avec un nouveau regard et plus de liberté.
    Le retour à cette simple humanité est la réelle épreuve de la foi… mais s’il réussit, le papillon peut s’envoler.

Il ne s’agit pas d’une course, ces étapes ne sont pas chronométrées, il n’y a pas d’impératif à finir le plus vite possible le stade papillon, pas plus qu’il n’y a de problème à bien prendre le temps de chercher ses propres bases au stade chenille.
Les stades ne sont pas réversibles, un papillon ne sera plus chenille de la même façon, il pourra connaitre des phases d’éveil successives, mais elles ne seront jamais identiques (voir article Individuation le processus en spirale).

 

Indicateurs astrologiques

Il ne faut pas chercher à trop vouloir faire cadrer ces phases avec des indicateurs astrologiques particuliers, chacun a son propre mode de fonctionnement, donc ses propres indicateurs, mais les planètes sociales et transpersonnelles seront évidemment fortement impliquées, de même que les Noeuds lunaires et la Lune Noire. Toutefois on peut tenter quelques généralités qui pourront être utiles aux lecteurs :

  • Les signes de Feu sont de naturel croyant mais révoltés ce qui en fait parfois de farouches athées ou païens (n’en déplaise, l’athéisme est une croyance… d’ailleurs souvent indiquée par Mars, Jupiter ou Uranus en affliction !). Le Sagittaire est probablement le plus mystique, le plus porté sur le métaphysique tout comme la Maison 9 et Jupiter qui lui sont attachés. Le Lion sera plus dans la piété, dans l’amour et la puissance du coeur, comme son symbole le Soleil et la Maison 5.
  • Les signes d’Air ont tendance à être plutôt sceptiques et à tout vouloir analyser, ils recherchent à trouver de la logique y compris dans l’irrationnel. La Balance aime la spiritualité par la vivacité d’esprit. Tandis que pour le Verseau ce sera un idéalisme et une soif d’humanité qui le pousseront dans la religion, sa planète Uranus pourra aiguiser le versant ésotérique et occulte de sa personnalité.
  • Les signes d’Eau sont les plus crédules, ils bascules facilement dans une croyance jusqu’au fanatisme, et sont parfois très superstitieux avec une grande sensibilité (et une grande intuition). Le Poissons, Neptune et la Maison 12 seront dans le sacrifice, l’abnégation, la magnanimité, le mysticisme et l’absolu (parfois la médiumnité). Le Scorpion et la Maison 8 seront plus dans l’occultisme et la vénération.
  • Les signes de Terre sont de loin les plus rationalistes, « les pieds sur terre », on croit ce qu’on voit, ce qu’on peut toucher, pour le reste… Mais une fois convaincus, ils deviennent les plus farouches croyants ! Le Capricorne aimera la morale, la rigueur et la structure du religieux, avec même une tendance à devenir ermite. Son maitre Saturne est une planète dont une des facettes est aussi l’expérience mystique, on l’oublie trop souvent. Une face de Vénus et du Taureau peut verser dans une forme de spiritualité liée à « l’Amour ».

Toutefois, passées ces quelques généralités qui nous donnent des indications pour l’analyse de chaque Thème natal, je conseille à tous la prudence sur le chemin de la quête de Soi, car trop de questions métaphysiques n’aident pas forcément (voir Astrologie et métaphysique). La différence entre scepticisme, crédulité, et mysticisme est aussi mince qu’une feuille de papier, aussi comme le conseillait le bouddha avec ses paroles, en matière spirituelle comme ailleurs il faut tout sous-peser, analyser et tester, comme l’orfèvre avec son or !

 

Je finis par une longue citation du livre « Triptyque astrologique » de Dane Rudhyar à méditer sur la teneur de l’Esprit :

« Lorsque je parle de l’Esprit, je parle de l’émanation active de « Cela » qui est intégralité, harmonie, équilibre absolu.
L’Esprit c’est ce pouvoir qui cherche toujours à rétablir l’harmonie et l’équilibre fonctionnel partout où ils se trouvent perturbés.
Ce pouvoir s’exerce en quelque lieu que ce soit et sur toute forme d’existence intégrée, c’est à dire partout.

L’Esprit c’est aussi ce qui cherche constamment à combler une zone de vide, de façon à rapprocher constamment et à intégrer, en une structure appropriée, les pôles de l’être qui se sont trop éloignés l’un de l’autre.
Sous son aspect le plus profond et essentiel, l’Esprit est la réponse à tous les besoins de l’homme.
Il s’écoule vers tout être humain qui en a besoin, comme l’électricité passe instantanément du potentiel le plus élevé au potentiel le plus bas, comme le vent se précipite d’une zone de haute pression vers une zone de basse pression, comme les eaux cherchent à équilibrer leur niveau.

Ainsi l’homme fait toujours l’expérience de l’Esprit au moment où il en a le plus besoin. C’est vers lui qu’il doit se tourner quand l’âme et le coeur, bien que broyés par les affres du néant et la crucifixion du désespoir, ont refusé d’accepter la défaite et sont restés confiants, actifs et en éveil au milieu de la plus profonde agonie, car l’Esprit ne peut atteindre celui qui ne croit pas en la possibilité de son avènement.
Seule la foi peut offrir une vacuité de la personnalité au flot qui émane de la Plénitude absolue, de cette Plénitude que l’homme à la vision bornée, incapable d’en saisir l’infinitude, cache sous les multiples noms de Dieu.

La foi ressemble à un acte conscient de respiration. Pourquoi respirer ?
Pourquoi cet effort de dilater la poitrine et d’ouvrir les poumons à quelque chose qu’on ne voit pas ?
[…] L’Esprit est là, lui aussi, mais, sans actes de foi et sans de profondes inhalations psychiques, il ne peut y avoir de vie spirituelle dans l’intégrité, l’intériorité et la vérité.
[…]
Vivre dans la foi, c’est vivre dans la plénitude de l’harmonie. C’est déverser autour de soi la richesse intérieure de son être, tout en accueillant avec gratitude l’abondance divine, l’Esprit qui vivifie; ainsi se trouvent équilibrés le courant intérieur et l’activité extérieure.

Dieu atteint le coeur de l’homme lorsque ce dernier parvient à remplir la place et la fonction que le destin lui a assignés. Il ne peut alors y avoir ni épuisement, ni maladie, ni manque d’énergie, ni congestion. Le mouvement puissant de la vie universelle opère en force harmonieuse, en beauté et créativité, dans et à travers la conscience individualisée. Chaque instant, chaque geste s’accomplit dans la paix; et l’homme croit à jamais dans l’immortalité qui englobe des plans de l’être de plus en plus vastes, d’accomplissement en accomplissement, d’éternité en éternité. »

Celui qui cherche Dieu, plus ou moins consciemment, finit toujours par le trouver, croyez le, c’est le destin de tous les hommes…

 

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