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La dépression vue par l’astrologie : aide et conseils

Qui n’a jamais expérimenté la dépression dans sa vie ? C’est une expérience universelle, archétypique, que tout le monde peut vivre -et vit sûrement- à un moment ou un autre de son existence…

Simple épisode passager, elle peut aussi être vécue de manière chronique endogène, sa prise en charge est le plus souvent médicale notamment par des antidépresseurs. Trop souvent on oublie de la resituer dans le cadre du processus d’Individuation plus vaste auquel elle appartient…

J’espère que cet article de fond pourra aider certaines personnes à trouver des pistes pour mieux se comprendre, mieux s’apprécier, et peut être à trouver du sens dans ce qui leur apparait aujourd’hui chaotique.
Je confie cette étude à votre intelligence et votre discernement.

« Si un élément essentiel de la personnalité est refoulé ou réprimé, la maladie se manifeste, quelques fois de façon évidente, d’autres fois par une voie détournée, immédiatement ou au bout d’un certain temps…
Chaque abandon de notre essence, chaque faute contre notre propre nature, demeurent marqués dans notre inconscient et nous conduisent à nous mépriser nous mêmes. »
Abraham Maslow, un des pères de la psychologie humaniste qui a beaucoup inspiré notamment l’astrologue Dane Rudhyar.


 

Qu’est ce que la dépression ?

Le terme dépression est un terme générique qui regroupe une grande variété de troubles mentaux qui sont caractérisés par différents symptômes pouvant se cumuler : apathie, indifférence générale (envers les personnes, les activités, et y compris envers soi même : on ne se lave plus, on ne fait plus le ménage, on ne se change plus, on ne se met plus en valeur), perte de libido (voir Amour, psychologie et astrologie), prostration, désespoir, perte d’énergie globale, fatigues chroniques, solitude, difficulté de concentration, crises de panique et phobies, spasmophilie, insomnie ou sommeil perturbé et réduit, modification du régime alimentaire avec une tendance à l’anorexie ou à la boulimie, pensées obsessionnelles et sentiments destructeurs, TOC, perte d’estime de soi, volonté affaiblie…

La force de vie a disparu, on pense que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue, le niveau de conscience abaissé à l’extrême peut aboutir à la « dissociation », au sentiment de « vivre comme dans un rêve » ou que ce qui nous vivons arrive à une autre personne, on peut avoir un sentiment déformé de son corps ou même une paralysie partielle temporaire.

Souvent ces troubles sont accompagnés de prise d’alcool, de drogues, de médicaments, à l’extrême l’individu perd le contact avec la réalité et la société, il est dans l’impossibilité d’assurer ses charges sociales courantes (travail, famille, amis…), la négation de la vie a pris le dessus.

La dépression psychologique elle même est souvent inconsciente, ce sont ces symptômes de fatigue physiologique et ces diverses « somatisations » (il s’agit de résurgences physiques des états psychiques) qui amènent à consulter.

Contre la dépression, la plupart des mécanismes de défenses automatiques sont purement intellectuels, on tente de tout rationaliser par l’intellectualisation… et généralement plus cet aspect mental est poussé chez la personne, plus la dépression se manifestera par des problèmes physiques et différentes somatisations. D’ailleurs on peut dire que toute maladie a une composante psychologique évidente, l’inconscient remonte à la surface et apporte son influence dans la dualité corps/esprit.

La dépression est donc une plongée dans des sentiments sombres, négatifs et primitifs qui produit un effet invalidant qui bloque la vie de l’individu, nécessitant la prise d’antidépresseurs et l’intervention des médecins.
Dans le processus dépressif, la descente est facile, l’abîme est ouvert en permanence sous nos pieds, mais revenir sur ses pas, remonter la pente et respirer à nouveau, constitue la difficulté et l’épreuve.

Parfois, le plus souvent, la dépression est un épisode passager consécutif à telle ou telle circonstance extérieure de la vie, deuil ou événements impliquant une « perte », la rupture d’une relation, en réalité souvent il s’agit au fond d’une prise de conscience abrupte, dans sa chair, de l’inconstance, de l’impermanence de la vie.
L’esprit humain tourne en boucle sur cette impermanence : Perdre ce que l’on a, ne pas avoir ce que l’on veut, y compris être frustré et anticiper les pertes et frustrations futures (lire Karma et astrologie sur la notion de l’intérêt de vivre au présent)…

Ce type de dépression sera d’autant plus importante qu’elle sera consécutive de sentiments douloureux refoulés, non reconnus au départ, donc non exprimés, comme la colère ou l’injustice, empêchant le processus de deuil ou de « séparation » de s’effectuer normalement.

Dans la maniaco dépression, le pole maniaque réagit au pole dépressif, produisant une alternance cyclothymique, le pole maniaque tente de « sublimer » l’Ombre. Mais on ne peut éliminer notre ombre en s’identifiant à la lumière car les 2 sont interdépendants, l’ombre est nécessaire, elle est crée par la lumière et la lumière a besoin d’elle comme contraste. L’intégration du pole maniaque passera par la compréhension et l’acceptation du pole dépressif.

Parfois la dépression est installée de manière chronique endogène et est entretenue par l’environnement général, les mauvaises informations du monde, la société et l’environnement immédiat de la personne, des sentiments qui peuvent tourner en une angoisse existentielle de fond…
Sentiment d’absurdité de la condition humaine, manque profond de sens et de signification à la vie, sont de véritables poisons pour l’esprit, malheureusement très courants à notre époque.


 

Le processus de dépression

En réalité quand on analyse le « processus dépressif », on s’aperçoit que connaitre « l’événement » ou les circonstances qui ont provoqué l’état importe peu… Car tout et n’importe quoi peut provoquer un état dépressif, même paradoxalement la réussite, le bonheur ou la réalisation d’objectifs à priori heureux (naissance, mariage, promotion professionnelle, retraite, etc). Parfois, même une chose sans importance peut provoquer une dépression complètement disproportionnée…
L’état dépressif est en partie latent en chaque individu et peut être activé de 1001 façons différentes, ce qui importe c’est surtout de saisir dans la psychologie de l’individu quelle sera sa réaction individuelle subjective aux événements, c’est elle qui fera toute la différence.

Pourquoi un deuil ou une séparation vont ils provoquer un bref épisode dépressif de quelques mois chez une personne quand chez une autre il s’agira d’une grave dépression nerveuse de plusieurs années, voire décennies ?

Tout nous ramène au fond à l’individu, tout est une affaire de perception relative, le fameux « verre moitié plein/moitié vide »…
Une même expérience peut être vue comme un défi de la vie et surmontée avec optimisme par une personne, quand une autre personne la verra comme un échec et une perte insurmontable…
Y compris chez une même personne, elle pourra faire preuve de force lors d’un épisode douloureux, puis s’effondrer complètement quelques mois plus tard au prochain problème, c’est la « goutte d’eau qui aura fait déborder le vase ».
C’est là tout le mystère de la réaction subjective de l’individu.
L’astrologie peut donner ici des indications précieuses autant par l’étude du Thème natal que par les techniques dites prévisionnelles Transits, Progressions, Révolutions etc…

Le processus de dépression est en quelque sorte un « signal » indiquant que « quelque chose » doit être vécu dans le psychisme de la personne, des changements doivent être initiés.
La dépression est une phase du processus qui, malgré cette spirale négative, sert au fond à faire émerger la conscience, la force et la Créativité chez la personne. Lorsque nous entrons en dépression, la « personna », le masque que nous affichons, devient difficilement tenable et laisse place à la réalité profonde qui est en dessous, une réalité plus vraie, plus authentique, sans faux-semblants…

Mieux vaut cependant dans la mesure du possible s’assurer du « bon déroulement » de la dépression, car tous les états dépressifs, surtout si ils sont compliqués et difficiles, notamment avec des épisodes psychotiques et des hallucinations, ne sont pas de « merveilleux processus de croissance » et des « souffrances nécessaires », dans l’absolu aucune souffrance ne devrait être subie injustement… mais la psyché humaine ne fait rien au hasard, ces épisodes, aussi durs soient ils, ont un sens profond à découvrir et à canaliser, une signification métaphysique.
Il ne s’agit pas de destruction pour la destruction, la dépression est un processus de développement et d’épanouissement, une destruction pour une reconstruction, elle initie et ponctue le chemin de l’Individuation qui se déroule, et une participation consciente pour s’individuer peut significativement améliorer et renforcer ce chemin.
Aussi triste que la dépression puisse paraitre, il s’agit d’une sagesse psychologique inhérente à la vie et nécessaire.

S’individuer c’est un peu « naitre à soi même », cela s’accompagne d’une forme de deuil de ce que nous avons été dans nos phases antérieures d’évolution, forcément plus « infantiles », c’est la nostalgie de la « chrysalide » qu’on quitte et qu’on laisse, l’émergence de la mélancolie, et la tristesse de comprendre que plus rien ne sera jamais plus comme avant…


 

La dépression et la société

« Ce n’est pas un signe de bonne santé mentale d’être bien adapté à une société malade. »
Jiddu Krishnamurti

L’astrologue Dane Rudhyar avait bien cerné aussi le problème lorsqu’il déclarait dans son livre « Astrologie et psyché moderne » :

« Les conditions de vie dans la civilisation moderne provoquent des tensions anormales et des besoins d’adaptation inattendus, aussi la frontière entre la maladie mentale et la santé psychologique est elle devenue très floue.
Les personnes déséquilibrées émotionnellement et mentalement, peuplent les campagnes autant que les villes.
Pathologiquement, elles ne sont pas réellement malades, mais elles n’arrivent pas à faire face à la vie de manière saine et positive. Leur comportement est vicié, bloqué ou déchiré par des pressions mentales et émotionnelles qui les aveuglent ou les épuisent tant, qu’elles sont incapables de s’adapter avec énergie, pleinement, à de nouvelles situations.
Elles rencontrent la vie et les autres de manière fragmentaire, incertaine, frustrée, compulsive et sans signification.
On peut dire de ces personnes qu’elles sont « névrosées » ou plus justement, qu’elles ont perdu la foi en elles mêmes, en l’homme, en la vie; car elles ont perdu leur sécurité intérieure et le sens d’un univers ordonné, riche de valeurs, animé par une intelligence divine et par l’amour. »

Souvent la psychiatrie et la médecine moderne n’ont pas grand chose à proposer à ces individus qui ne sont pas réellement malades mais ont « juste » totalement perdu le sens et la signification profonde des choses
Sans pour autant être bien portantes non plus, ces personnes sont fatiguées, leur énergie est « vampirisée » dans le trou noir que constitue la dépression et elles n’y trouvent aucune porte de sortie. Dans cet entre deux, elles continuent comme elles le peuvent…

On a tendance dans nos sociétés à considérer toujours la dépression comme une tare qu’il faut supprimer le plus rapidement possible, sans réellement se poser la question de son utilité et de sa signification en termes de phase d’évolution psychique (et cyclique), une phase qui est elle même une part d’un processus beaucoup plus grand, et qui peut facilement prendre toute la vie, que Jung a décrit : l’Individuation.


 

Que dit l’astrologie d’utile pour la dépression ?

« Les données astrologiques ne peuvent traduire que les éléments de base de la psyché, les forces primitives qui constituent les valeurs profondes de l’être humain dans l’inconscient (les instincts) et d’où émergent les tendances psychiques au conscient. »
André Barbault, De la psychanalyse à l’astrologie

Les données astrologiques sont des dynamismes initiaux, « des mécanismes racines » ou plutôt des germes de potentialités, comme l’astrologue Dane Rudhyar aimait faire la distinction lorsqu’il employait souvent le terme « semences ». En connaissant ces mécanismes, on peut donc mieux identifier les tendances en présence dans la personnalité.

Il est difficile pour ne pas dire impossible d’échapper à son destin… en astrologie le destin est exprimé par les schémas archétypiques du Thème natal qui donnent à l’individu ses potentialités latentes, ses tendances fondamentales, en extrapolant il s’agit de la signification de la vie du natif.

André Barbault poursuit :
« Le caractère et la destinée sont 2 aspects du même déterminisme naturel, on ne peut séparer l’homme de son destin, ses tendances profondes ne se distinguent pas de son existence. »

En tant que processus psychologique important, même majeur, la dépression implique souvent au moins un des trois facteurs astrologiques majeurs : le Soleil, la Lune, l’Ascendant et leurs Maitrises.

On sait qu’une part des solutions aux problèmes dépressifs et névrotiques passent par une forme de « rupture » de ces schémas qui ont tendance à la répétition (ce qui produit à terme ce qu’on appelle les « transferts » en psychanalyse et qui conduisent souvent aux « complexes psychologiques »).
Ceci revient parfois à demander à un requin de devenir végétarien ou à une gazelle d’apprendre à se battre contre un lion, la tache n’est pas gagnée ! quand par exemple on a vécu une grande part de sa vie dans l’agressivité ou dans la peur…

Astrologiquement, il ne s’agit pas de tout réinventer de 0, il s’agira au contraire de s’appuyer sur des points névralgiques existants dans le thème, et souvent de faire des sacrifices conscients pour s’amender vers l’Individuation.
Des fonctions plus faibles en Thème natal, même si on essaye de les développer consciemment en travaillant ardemment sur soi, resteront toujours plus vulnérables dans la personnalité, inexorablement.

Certaines dimensions de notre personnalité (ou Sous-personnalités) sont mal adaptées à certains types d’expériences de la vie, c’est normal et c’est valable pour tout le monde, nous ne sommes pas tous égaux en termes de forces et de faiblesses, cela peut se traduire notamment par les dominantes et les manques des Eléments Astrologiques (souvent inconscients).
Plusieurs niveaux d’adaptation peuvent parfois ne cohabiter que difficilement selon les différences antagonistes entre les éléments : adaptation à la vie courante et adaptation au monde abstrait, adaptation aux sentiments et adaptation pragmatique à la réalité, etc…
Il est important de distinguer ce qui est conscient de ce qui est inconscient, la dépression met souvent le natif en face avec sa part d’Ombre (voir Technique de Visualisation des sous-personnalités), les Transits peuvent réactiver cet inconscient.

L’Eau est l’élément qui est le plus en corrélation avec la dépression, attachée aux sentiments et aux émotions, elle favorise l’installation des états introspectifs, surtout si le thème manque d’influences plus dynamiques, par exemple dans les Signes cardinaux, les Maitrises, etc…
Une affliction en Feu peut produire de l’instabilité émotionnelle et des blocages intuitifs. La Terre a tendance à freiner et à gripper les mécanismes psychiques, elle fixe tous les états mentaux profondément, elle accélère leur cristallisation.
Un manque d’Air ou un Mercure affligé (ou en Rétrogradation) peuvent entrainer des difficultés relationnelles, des problèmes de communication et d’adaptation, voire un manque de rationalité et de logique.
Etc…


 

Y a t il des aspects astrologiques de la dépression ?

Evidemment ce n’est pas si simple que de repérer l’unique aspect astrologique du thème qui expliquerait tout !
On doit toujours se demander en analysant un thème « Pourquoi ce Carre, ce Trigone, etc ? » que veulent-ils nous faire comprendre ? tout est signifiant dans le thème, tout nous indique les découvertes et les accomplissements nécessaires à réaliser.

Lisez les articles qui leur sont consacrés : Conjonction, Carre, Opposition… ces aspects impliquant les luminaires Soleil et Lune, l’Ascendant, Saturne, Pluton, la Lune Noire, les Noeuds lunaires… sont autant d’indices à creuser.

Ceci dit, même des planètes dites « bénéfiques » comme Jupiter ou Vénus ont naturellement leurs aspects négatifs, en aspect à Saturne celui-ci pourra leur apporter son Ombre supplémentaire et gréver une partie de leurs bienfaits potentiels :

  • en aspect à Vénus, Saturne impacte directement notre système de valorisation, c’est à dire autant notre amour propre que l’amour que l’on peut porter aux autres, il signe une carence affective, potentiellement la recherche d’un père affectif de substitution…
    Il affecte aussi l’Anima : en thème masculin peut impacter le rapport aux femmes, en thème féminin ce sera l’image de la féminité qui sera alourdie.
  • en aspect à Jupiter, Saturne impacte la sociabilité, les croyances, la morale, les études supérieures, la chance, les enfants… ses répercutions peuvent toucher autant à l’expansion socio professionnelle matérialiste qu’à l’expansion de conscience spirituelle.
    Il peut aussi affecter ici l’Animus, en thème masculin la fonction jovienne de l’homme sera teintée de rigueur, en thème féminin ce sera le rapport aux hommes qui pourra se trouver modifié.

Les rapports entre planètes antagonistes ou planètes soeurs sont aussi à surveiller, les couples mars/vénus, vénus/neptune, mars/pluton, mercure/uranus, etc…
Coté Maitrises, les planètes en dignité ou en débilité (en domicile, en chute, en exil ou en exaltation) peuvent aussi donner des indications, les lieux par où a pu arriver la frustration, les lieux de clivage de la personnalité… elles souligneront les points forts et les points faibles de la personnalité.

L’étude des Maisons dans la dépression n’est pas en reste : La Maison 4, mais surtout la Maison 8 et la Maison 12, en tant que maisons d’Eau, si elles sont « chargées » ou affligées, indiquent des « noeuds » sensibles dans la personnalité.
Les Maison 8 et Maison 12 sont des maisons complexes très souvent attachées au processus dépressif, notamment chronique endogène, qu’il faut analyser attentivement (introspection, crises psychologiques, épreuves, transformations).
La Maison 6 également peut affecter les état émotifs, le ressenti quotidien, la santé, les crises de croissance personnelle, le processus d’Individuation
Ceci dit, une maison particulièrement affligée, quelle qu’elle soit, doit être analysée dans le cadre du processus dépressif.


 

Les planètes et la dépression

« Les planètes expriment des tendances et se colorent des tonalités diverses des signes du zodiaque. En réalité une planète en signe exprime une famille de tendances homogènes à plusieurs niveaux.
Ces tendances se lient entre elles (aspects entre planètes) pour constituer des complexes. Certains groupements de tendances sont similaires, d’autres très différents.
Le complexe constitue un ensemble de voies de réactions donnant un comportement qui a une structure et qui se répète selon un schéma. »
André Barbault, De la psychanalyse à l’astrologie

Les Aspects entre Planètes constituent donc en partie nos Complexes. Les complexes sont de gros consommateurs d’énergie psychique dont l’activation peut remonter à l’enfance. Ils peuvent être handicapants dans la personnalité, mais ils sont aussi source d’évolution et de Créativité, ils peuvent influencer à notre insu certaines activités, ce sont des moteurs fortement chargés d’émotions.

Comme évoqué, la dépression a bien des aspects créatifs, ceux-ci sont souvent représentés par des planètes et aspects astrologiques eux aussi réputés comme créatifs et sensibles : Lune, Vénus, Neptune, l’Eau, toutes les énergies passives féminines (la solutio alchimiste)… Cette sensibilité manifestée par ces énergies astrologiques est un facteur de risques dépressifs, un mécanisme racine.
On sait par exemple que le processus artistique de création est souvent accompagné de tensions, l’angoisse de la page blanche, il y a un besoin de souffrance et de vide intérieur pour faire jaillir quelque chose de ce tourbillon.

Mais il faut bien se rappeler que n’importe quelle planète peut être un indice et un vecteur de dépression. J’aborde seulement ci-dessous les planètes principalement impliquées en général dans les mécanismes déclencheurs.


 

Saturne et Pluton, les grands méchants loups

Saturne est le « grand maléfique » de l’astrologie traditionnelle, là où est Saturne l’ego est vulnérable, on essaye de se protéger, il est en partie l’Ombre dans la psychologie jungienne, il représente les énergie de la Terre (la coagulatio alchimiste) et maitrise le Capricorne, un signe un peu « vieux avant l’heure », triste, sérieux, rigoureux, introverti, pragmatique, voire austère, autant d’attributs qui peuvent sans problème correspondre à des symptômes dépressifs, ce signe est d’ailleurs connu pour ses tendances à une « déprime naturelle perpétuelle »…

On a établi selon différentes études et statistiques qu’un épisode dépressif est d’une durée moyenne approximative de 2 ans, cette durée coïncide avec le passage de Saturne en transit dans un signe (2 ans et demi).
La dépression correspond à un besoin psychologique profond, c’est une période d’exploration de soi, d’introspection, de remise en question de fond, qui nécessite souvent du temps, d’où son lien avec notamment le cycle de Saturne et les cycles des planètes lentes.

Saturne fait le tour du zodiaque personnel en près de 30 ans (révolution synodique), son cycle est donc profond dans son impact sur la vie de l’homme.
La planète produit des confrontations aux limites du monde, à la réalité, elle invite à la maitrise de soi, à la structuration, à un face à face avec soi même, face à ses limites personnelles, elle force à se prendre en charge, à rompre avec le stade de l’enfance, elle est aussi la peur de l’abandon, le complexe d’infériorité, la culpabilité, la solitude, la frustration… tout cela ne vous rappelle pas des caractéristiques du processus dépressif ?

Saturne est semblable à un processus de « mijotage », une galvanisation… sans la dépression qui accompagne souvent en partie ses transits, une part des phases de développement du processus d’Individuation ne peut pas s’opérer, la transcendance ne peut être atteinte.
Fuir ces états saturniens ne mène à rien, ils reviendront toujours et par la fenêtre si il le faut, le processus évolutif de croissance dépend de la bonne compréhension du processus dépressif.

Saturne est le « surmoi », le gendarme intérieur qu’il ne faut pas confondre ni avec la conscience, ni avec le soi.
La conscience est la notion et l’expression de l’individualité, à l’extrême de la conscience on se dirige vers le « Soi supérieur », une connexion à l’unité absolue; Surmoi et conscience peuvent avoir des visées bien différentes, le Surmoi saturnien peut souvent être en total désaccord avec le processus d’Individuation.

Avant de découvrir le Soi, il faut d’abord renforcer et structurer l’ego, le surmoi saturnien intervient ici.
Il ne faut pas confondre Surmoi et « Soi supérieur »; le surmoi ayant une face culpabilisante quasi dictatoriale, alors que le « Soi supérieur » est un guide, il est plus fraternel dans son approche, il nous implique dans des changements qui peuvent occasionner des souffrances et nous confronter à nos faiblesses mais qui sont nécessaires à notre croissance. Nous approchons ici l’acte de foi en Dieu

Je n’aime pas cette image noircie que l’on peut donner parfois à Saturne, exagérément pessimiste et dramatique… Il faut reconnaitre certes que Saturne dans ses principes restrictifs et sa face limitative peut impacter parfois sévèrement le psychisme d’une personne et avoir un effet dévastateur… Mais il ne faut pas mettre tout sur le dos de Saturne pour se défausser de ses responsabilités.
C’est la différence entre se servir de l’astrologie comme une « excuse à tout » et se servir de l’astrologie pour approfondir la bonne compréhension de soi même et la bonne intégration des expériences de la vie : si le problème de fond avec soi même n’est pas réglé, il ressurgira à tous les transits (c’est valable pour Saturne ou d’autres planètes impliquées d’ailleurs)…

« Dépasser Saturne » signifie de facto entrer dans le royaume des transits de fond des planètes transpersonnelles, Uranus, Neptune, et Pluton notamment. Et cela ne veut pas dire qu’il faille s’enfoncer pour une éternité dans la passivité et la torpeur ou le fantasme (tendances dominantes Neptune).

Pluton est un vecteur puissant de transformation, une évolution qui peut être soit cataclysmique et imprévue, soit plus progressive… Ses énergies instinctives et primitives remontent jusqu’aux rages de la prime enfance et impactent profondément la psyché, Pluton est le briseur de tabou, pour le meilleur et le pire…
Au négatif dans la phase dépressive, la planète est vecteur de peur, de colère, de jalousie, de possessivité, de suspicion, de méfiance, de manipulation, d’obsession, de vengeance… les 2 faces sombres de Pluton sont la compulsion et la culpabilité, comme 2 moteurs se répondant l’un l’autre.
Mais il y a aussi le coté positif de Pluton, sa volonté de puissance, son aptitude au changement, la renaissance qu’il propose, la régénération de nos cendres, une renaissance, il nous apporte une forte capacité de motivation pour rompre l’inertie.

Les temps des cycles doivent être accomplis pleinement, vécus en toute conscience, certaines personnes ont besoin de s’enfoncer dans la souffrance et de la côtoyer pour un temps indéterminé avant de renaitre de leurs cendres.
Le signe du Scorpion est très marqué de la sorte, de même que ceux qui ont une dominante Pluton. Le Scorpion cherche à fouiller les profondeurs de sa psyché et de la nature humaine, il aime cohabiter avec sa souffrance et sa noirceur, ou la cotoyer au quotidien d’une façon ou une autre, c’est là qu’il trouve son point d’équilibre (c’est aussi le sens d’une Maison 8 marquée).


 

Jupiter, trouver une signification

Trouver un sens et percevoir une finalité derrière des événements est une des clés pour survivre aux épreuves de la vie, comprendre la signification des choses donne des raisons de vivre… la recherche de sens est une motivation primordiale qui apporte de l’espoir.
Il est utile d’avoir la conscience de l’existence de quelque chose de plus grand que soi qui nous dépasse, que certains appellent Dieu, savoir qu’il y a une intelligence qui ordonne le chaos, et qui est gage de justice transcendante.
Trouver une signification c’est se demander qu’est ce que Dieu veut nous faire comprendre, découvrir, accomplir ?
L’univers entier est signifiant pour qui sait regarder autour de lui à travers ses multiples manifestations, mais chacun peut se créer ses propres motivations pour survivre.
Il est capital de comprendre ce que l’on vit plutôt que simplement de le jugerQu’est ce que mon Thème natal signifie ? que m’apprend il sur moi, sur ma psyché, sur mes potentialités ?

« C’est lorsque nous prenons conscience de ce qui nous détermine, que nous faisons le plus grand acte de liberté.
A partir du moment où je suis capable de l’analyser comme j’analyserai n’importe quel objet, à partir du moment où j’arrive à démonter les enchainements de ce système technicien et bien c’est là que commence ma liberté.
La recherche du sens ne peut pas être une affaire purement intellectuelle, elle implique une mise en question radicale de la vie moderne. Pour retrouver un sens il faut mettre en question ce qui n’a pas de sens ! Or nous sommes entourés d’objets certes efficaces, mais qui n’ont pas de sens.
Nous sommes devant l’obligation de redécouvrir des vérités fondamentales que la technique efface ou ce que l’on peut appeler des « valeurs » importantes, essentielles pour que l’homme trouve que la vie vaut la peine d’être vécue.
C’est lorsque l’homme est confronté au risque d’une fatalité, que les choses risquent de se développer comme un destin, c’est à ce moment que l’homme doit se révolter et refuser que ce soit son destin. »
Jacques Ellul, philosophes, théologien, penseur de la technique

Le psychiatre Fritz Künkel mettait la recherche de Dieu au centre du développement humain, pour lui l’Individuation, la recherche du Soi, passait par le « Nous », le groupe, la société, la socialisation… et Jupiter y est pour beaucoup dans cet accomplissement !

Jupiter, la Maison 9 et le Sagittaire peuvent faire un effet de levier sur toutes les autres Planètes ou Aspects pour combattre la dépression. Jupiter est la vision large, la philosophie, la sagesse, l’idéalisme, la connaissance métaphysique, qui conduisent vers la foi en Dieu.
Au sens jungien ces aspirations sont un instinct primordial au même titre que tous les instincts biologiques, non une simple sublimation des pulsions sexuelles comme le disait Freud.

Jupiter est le moteur qui nous pousse à trouver le sens de notre vie, c’est lui qui nous fait analyser les symboliques et les analogies (donc l’astrologie), c’est grâce à lui que l’on peut intégrer nos expériences, il est vecteur de signification, il nous inspire ainsi de nouvelles voies d’exploration qui nous aident à rompre l’inertie psychique

Autant dire que dans un épisode dépressif Jupiter est un atout puissant de changement, il nous pousse à voir au delà de notre petit ego replié.
Les planètes transpersonnelles Uranus, Neptune, et Pluton interviennent aussi dans cette quête métaphysique, de même que les Maisons et Signes attachés : Verseau, Poissons, Scorpion, Maison 11, Maison 12 et Maison 8.


 

Uranus, la révélation métaphysique

Avec Jupiter, Uranus participe à la « sublimatio » alchimiste. L’énergie d’Uranus est extrêmement créative et dynamique, dans une dépression elle recèle la puissance nécessaire pour donner l’impulsion de s’en sortir, elle active le sentiment d’individualité et d’affirmation de soi, le besoin de liberté (et pourrait on dire de sublimation et de transcendance), la planète agit en partie inconsciemment mais il faut essayer d’en profiter consciemment en cherchant ses influences.
Comme avec tous les sentiments, les qualités de transcendance peuvent aussi être refoulées, déplacées, projetées, ou sublimées, tout dépend notamment des pressions environnementales et de la société.

La crise uranienne implique une explosion émotionnelle, des pressions énormes, spirituelles et psychiques, la libération engendrée peut dissoudre l’ego puis recristalliser les éléments les plus fondamentaux de la personnalité (il y a généralement une combinaison d’influences, de Neptune et de Pluton, de Saturne « l’individualisateur », de Jupiter le « socialisateur » etc…).

Ce type de crise vient généralement soudainement, le sens et la signification apparaissent dans un « éclair visionnaire », et tout retombe de manière tout autant inattendue.
Le pire serait de vivre une crise uranienne, et les souffrances qui vont avec, sans déboucher sur rien de nouveau… ouvrant droit un chemin vers une prochaine crise inéluctable.

Dane Rudhyar dans « Astrologie et psyché moderne » mettait en garde :
« Nous avons souffert, tout s’est écroulé autour de nous, nous avons été au bord de la folie, notre personnalité a été laminée, les structures de notre ego ont été ébranlée, résultat : zéro, pas de croissance, pas de renaissance, seulement la réorganisation paniquée ou satisfaite de ce même ego autour des mêmes lignes; et quelque part ce sentiment affreux -bien qu’invisible et subconscient- que tout cela s’est passé pour rien.
Aujourd’hui l’humanité tout entière est empoissonnée par ce sentiment collectif fait d’un mélange de culpabilité, de désespoir, et de profonde fatigue intérieure. »

La difficulté avec la crise uranienne est d’ancrer ses résultats dans la pérennité, pour cela, des énergies de Terre, Saturne, ou les Signes fixes, sont très utiles. Il faut être capable de faire le discernement entre un état spirituel de conscience modifiée proche de la transcendance et la réalité quotidienne, il faut comprendre et accepter que la transcendance ne soit qu’un état transitoire destiné à aiguiller l’individu vers le bon chemin, lui montrer une part de ce qu’il y a « au delà », mais ce n’est pas le quotidien, il ne faut pas chercher à se fondre dans ces états, à les faire perdurer, à les reproduire constamment, il faut savoir retrouver les pieds sur terre dans la réalité concrète.

Beaucoup de choses peuvent nous inciter à brider notre pleine expression et notre pleine conscience spirituelle, nous préférons souvent privilégier le consensus social aux dépens de l’épanouissement de notre Individuation.
La médecine actuelle -poussées par les valeurs de la société- a tendance à repousser rapidement toute expérience de nature spirituelle, de conscience modifiée, de « supra conscience », d’éveil de la Kundalini, dans le champ de la pathologie psychiatrique médicalisée… malheureusement, même si il est évident que certaines personnes ont besoin d’une aide en traversant ces phases, il est regrettable que l’on ferme si rapidement et abruptement la porte du transpersonnel.


 

Mars, un moteur de secours

Une phase dépressive implique, à un niveau ou un autre, l’utilisation ou la dérive de l’énergie martienne. Il ne faut pas sous estimer le refoulement de l’énergie de Mars, dans nos sociétés modernes et souvent urbaines avec de la promiscuité, nous avons tous tendance à emmagasiner un état de colère et d’agressivité permanente qui se répercute obligatoirement sur notre vie quotidienne et notre vision du monde.

La grande énergie de Mars peut faire peur, dérouter, aussi certains par manque d’habitude ou par tabou préfèrent l’ignorer, la refouler ou la brider, mais si vous refusez Mars, non seulement vous allez créer un « vide » psychique qui sera suivi d’un « excès » de stress d’un autre coté, mais vous vous coupez du principal moteur d’affirmation de votre individualité !

Mars peut être un bon contre poids pour réactiver le psychisme. En tant que vecteur de dynamisme et planète rapide, il diffuse son énergie dans tout le thème, il peut rééquilibrer trop d’introversion en apportant un brin d’extraversion.
L’énergie de Mars est capitale dans la vie, son Feu donne l’impulsion, aiguise notre volition, avec Pluton ils amorcent et mènent la « calcinatio » alchimiste.
Il ne faut pas oublier que Mars est exalté en Capricorne (chez Saturne donc), alliant la détermination dans l’action, un Mars intelligent permet de mener des actions réfléchies, déterminées, bien préméditées…

Nier Mars par peur de votre impulsivité ou de votre brutalité vous fait rejeter aussi toute l’agressivité positive, affaiblissant votre capacité d’affirmation de soi, vos aptitudes à vous défendre et à imposer votre choix.
Le refoulement de Mars est souvent dû à Saturne et son Surmoi surdéveloppé et peut conduire cette puissante énergie à se retourner contre soi même à l’intérieur, créant maladies, somatisations, autodestruction, et dépression

La dépression s’exprime toujours « contre » quelque chose, ce quelque chose pouvant revêtir différentes formes conscientes et inconscientes, ce peut être quelqu’un d’autre, ou vous même, mais cette expression se fait avec de la colère.

Un Mars inexprimé est semblable à un feu qui couve, la température monte et au moindre appel d’air la combustion s’amorce et produit de larges explosions.
Il faut exprimer ce Feu parmi les Eléments Astrologiques, cette colère, cette immense énergie doit être prise en considération consciemment et utilisée pour affronter concrètement la vie et vaincre la dépression. Utiliser sa colère est plus utile que de se complaire dans le désespoir et le sentiment d’impuissance, il faut récupérer cette énergie et la transformer en actes positifs.

Un Mars peut aussi simplement être faible dans un thème (en exil ou en chute par exemple, ou affligé de « mauvais » Aspects, rétrograde), provoquant en partie un sentiment d’abattement chronique, une déprime, une paresse, un mal à s’affirmer et un bridage général des potentialités avec un sentiment de culpabilité… Il peut alors être intéressant de repérer les Transits et les Progressions l’activant pour travailler consciemment cette énergie. La synchronicité et les projections peuvent aussi vous faire rencontrer quelqu’un dont la Synastrie révélera une activation de votre Mars, la présence de cette personne activera cette énergie en vous, son dynamisme.

Vous pouvez aussi contacter consciemment l’énergie de Mars en regardant la maison où il est dans votre thème ainsi que la cuspide du Bélier ou du Scorpion, il y a en principe toujours des « braises » à ces endroits là, un petit souffle conscient peut faire redémarrer votre mental… Par exemple si Mars est en Maison 4 dans votre thème, apportez de l’animation dans votre foyer, si la cuspide du Bélier est en 10, activez vous dans la sphère socio profressionnelle.

Dans le même esprit, il peut être utile de contacter le reste du Feu de votre thème : Sagittaire, Lion, Maison 1, Maison 5 et Maison 9, toute braise est bonne à prendre ! Vous pouvez aussi vous appuyer sur l’énergie conflictuelle d’un Carre ou encore sur une planète dynamique en domicile


 

Aide des techniques prévisionnelles astrologiques dans la dépression

Les Transits et Progressions sont là pour nous faire comprendre et découvrir des choses, ils ponctuent notre accomplissement.

La dépression met souvent le natif en face avec sa part d’Ombre, il est important de distinguer ce qui est conscient de ce qui est inconscient (voir Technique de Visualisation des sous-personnalités), les transits peuvent réactiver l’inconscient

Par les transits et les progressions (impliquant des points névralgiques), on s’aperçoit que le deuil, la rupture d’une réalité existante, la prise de conscience de l’impermanence, la désillusion, se réveiller de Maya (l’illusion de l’hindouisme) sont autant de conditions provoquant simplement le déclenchement, l’activation, d’un état dépressif latent déjà bien présent dans les potentialités astrologiques du thème. Même une dépression endogène chronique a bien commencé quelque part, à un certain moment elle a son germe et ses racines dans le thème, puis elle est restée bloquée sur une phase du processus pour une raison à déterminer (prédispositions « pessimistes », Saturne et planètes lentes, valeurs passives d’Eau dominantes dans le thème, etc)…

La vérité c’est que quelles que soient les « méchantes » planètes en transits, elles ne sont souvent en réalité que le facteur déclencheur de la dépression, elles activent une planète refoulée de la personnalité, elles touches à cette fraction de vie « non vécue » (ou seulement partiellement) qui remonte jusque l’enfance avec toutes ces émotions inexprimées et qui cristallisent dans l’esprit puis aspirent l’énergie de l’adulte jusqu’à la dépression. Mais tous les transits, y compris ceux de Saturne, de Pluton, ou d’autres « méchantes planètes », sont aussi vecteurs de réalisation.

André Barbault dans son livre « De la Psychanalyse à l’astrologie » précisait sur les transits :
« L’objet des transits nous échappe pratiquement; on peut retenir l’action, le verbe et par suite la sensibilité et le sentiment qui s’en dégage, mais l’objet nous échappe pratiquement. Nous pouvons considérer l’objet du transit comme une probabilité, c’est à dire un caractère d’événement auquel il est le plus raisonnable de s’attendre.
(Par exemple) Une configuration vénusienne en première jeunesse donne en majorité des cas l’éclosion d’une passion amoureuse surtout si il n’y a pas de dissonance du moins. Cependant pour peu que celle-ci intervienne, la tendance est susceptible de déplacement, de déviation, de refoulement ou de sublimation. Ainsi, cette passion amoureuse attendue se révèle être finalement une passion pour la musique et constitution fiévreuse de discothèque, un engouement pour une nouvelle acquisition, ou tout simplement l’accès à une paix intérieure.
En cas d’introversion, d’inhibition ou de schizoïdie, la même configuration peut ne donner aucun « événement », aucun fait extérieur de destinée, l’être parait se contenter d’un état d’âme et de conscience qui remplit sa vie au même titre qu’un événement : ici se déroule un roman sans objet…
Mais nous savons bien que nous devons toujours placer le pronostic sur le plan intérieur en terme de sentiments éprouvés. »

Les transits et progressions sont des vecteurs et des indices de compréhension des événements extérieurs mais surtout de leur ressenti intérieur.


 

Dépression : Comment l’éviter ? la surmonter ? s’en débarrasser ?

Dans tous les cas, dans la lutte contre la dépression, on doit respecter la structure et les limites du tempérament de l’individu, une psychothérapie est une procédure dont il ne faut pas avoir honte.
Il est important de mettre l’accent sur la relation corps/esprit, les 2 étant liés comme les 2 faces d’une même pièce, le corps montrant les signes de la dépression souvent avant même la prise de conscience par l’individu du problème dépressif.

Je crois dans un premier temps qu’il est important pour la personne de ne pas considérer la dépression seulement sous l’angle de la maladie au point de ne plus s’identifier que comme un « dépressif » (avec toute la connotation péjorative que cela peut revêtir dans nos sociétés boostées au culte de la réussite) mais de voir cette épreuve également comme un processus évolutif qui favorise pour un temps un meilleur contact avec ses sentiments.

Avoir de la volonté est certes un bon préalable, mais il n’est pas toujours suffisant, la dépression a une telle emprise sur la personnalité, la force de l’inconscient est supérieure et peut s’imposer à notre volonté. C’est la dépression qui dicte les actions ou plutôt l’inaction, et l’individu subit… d’où la difficulté pour une personne dépressive d’appeler à l’aide, elle ne ressent même pas la réalité de son état ! Lors d’une dépression l’ego s’effondre, il faut donc le renforcer pour mieux affronter la vie.

Friedrich Nietzsche disait : « Celui qui a un « pourquoi » qui lui tient lieu de but, de finalité, peut vivre avec n’importe quel « comment ». »

Donner un sens à un épisode dépressif et une des clés pour intégrer cette épreuve et la surmonter, celui qui trouve et connait une signification de sa vie peut supporter n’importe quel tourment, il est comme galvanisé.
Une réussite n’arrive pas sans motivation, sans mobile profond (étudier Pluton et les planètes lentes ainsi que les Noeuds lunaires et la Lune Noire), ces motivations peuvent être à l’extrême le plaisir ou la peur, les complexes psychologiques aussi sont de puissants moteurs, leur ressenti douloureux oblige à vaincre l’inertie de la personnalité.
Se remettre en cause, vouloir s’en sortir, accepter le changement, sont autant de phases successives à franchir.

Une psychothérapie peut aider à manifester son chagrin ouvertement. Il y a une grande importance à verbaliser certaines pensées, car les verbaliser c’est leur donner une réalité concrète, elles sortent de l’Ombre de l’inconscient pour émerger à la conscience, c’est seulement une fois cette réalité en face qu’on peut la faire évoluer.
La colère est un sentiment puissant, elle doit être pleinement ressentie et affrontée pour être comprise, elle est plus utile que le désespoir, elle nous force à bouger et stimule la Créativité.
Le défoulement dans un sport peut en décharger une partie car souvent le sommeil n’est pas assez puissant pour purger les excès de colère accumulés… de même les états de conscience modifiée, comme ceux atteints par la méditation, sont plus efficaces, plus profonds, la méditation arrive à dissoudre les cristallisations des différents sentiments (Mars, Neptune, Pluton…) là où le simple sommeil est insuffisant.
Il faut savoir aussi que ces sentiments négatifs peuvent aussi faire l’objet d’une projection et ressurgir dans nos relations sociales (voir Synastrie).

En plus de verbaliser, peindre et écrire peut aider à extérioriser des énergies parfois même inconscientes, au même titre d’ailleurs que certaines Techniques de visualisation.

La teneur des rêves est également déterminante à prendre en compte ! Je ne rentrerai pas ici dans les notions d’interprétation du rêve, ce qui nécessiteraient des pages entières, mais je conseille de noter les rêves et de les analyser, même si ils peuvent sembler absurdes, il faut réfléchir à leur sens, aux sentiments qu’ils font naitre en nous, ils indiquent souvent le changement des phases de processus psychologiques complexes

Souvent dans la dépression l’individu ne ressent strictement rien du tout, paradoxalement c’est au moment où il commence à se sentir mal que la phase de dépression évolue et que la prise de conscience peut l’amener à se ressaisir.
Le moment charnière critique du processus est la sortie de dépression; un tourbillon psychique se forme avec des sentiments extrêmement forts et souvent totalement antagonistes : la joie de voir une lumière au bout du tunnel, la culpabilité des moments négatifs passés, l’ouverture nouvelle sur la vie qui se mêle à la retenue des conflits intérieurs qui persistent encore…
La sortie de dépression passe par une socialisation quelle qu’en soit sa forme, toute Individuation implique une forme de participation active et consciente à la société.

Pour les proches, il ne faut pas croire que la personne dépressive se complait dans son malheur, il faut au contraire s’armer de patience, de tolérance, de compréhension…
Si l’ego du malade n’est pas suffisamment séparé et structuré, l’individu n’aura pas vraiment conscience de l’impact qu’il a sur son entourage, ni de la responsabilité de ses actes, il pourra se sentir coupable -et s’auto-flageller- mais n’éprouvera pas de réels remords… tant qu’il n’y a pas de compréhension de sa part, chercher à le culpabiliser n’est souvent pas une bonne technique.


 

Garder espoir : Il y a une vie après la dépression…

On peut espérer à la fin de la dépression que les potentialités latentes du Thème natal qui auront été activées soient pleinement intégrées à la personnalité de manière consciente et effective dans la vie quotidienne.
Si la prise de conscience a été réelle et que le processus dépressif a été mené à terme (étudier Pluton), l’individu a du développer de nouveaux chemins de penser qui lui permettent de court-circuiter les vieux schémas répétitifs obsolètes… il ne voit plus le deuil, la séparation, la solitude, selon le même angle d’analyse, son ressenti a changé.

Il est certain qu’il y a une différence entre l’épisode dépressif ponctuel et la dépression endogène chronique. Cette dernière prend ses racines beaucoup plus profond dans le psychisme conscient comme dans l’inconscient, ses énergies seront toujours présentes mais avec le temps l’individu pourra aussi apprendre à les dériver de manières plus positives et en accord avec son noeud nord (voir Noeuds lunaires).

Retour de la confiance en soi, goût à la liberté, foi en l’avenir, parfois foi en Dieu, sont quelques uns des bienfaits accompagnant la fin d’une dépression, il ne faut pas en douter… le soleil vient toujours après la pluie !


 

Pour approfondir la thématique de la dépression en Astrologie, je vous conseille les livres :

 

Pour aller plus loin :
La dépression sur Wikipédia


 

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3 commentaires sur “ La dépression vue par l’astrologie : aide et conseils

  1. Oups oups ça part tout seul, Uranus sort de cette écran!!!

    donc « sagesse psychologique utile et nécessaire » , ça va grandement déculpabiliser plein de gens incompris ….Et oui, je suis absolument d’accord avec vous, elle fait partie de notre vie, de notre processus d’évolution.

    Dans mon cas, je devrai utiliser plus le Mars, je n’ai plus vraiment le mode d’emploi de mon « agir ». C’est pour ça que le long transit de Mars embête un peu les planètes natales en ce moment, j’ai besoin plus d’eau que de feu en ce moment, et il me semble que je commence à vouloir construire l’élément Terre en moi, ce qui me rend du coup moins aérienne que dans le passé…Constat.

    Merci pour votre Sage Mercure😉

    • Merci Claudine ! ;-) J’ai préféré faire un article de fond, au risque qu’il soit un peu long et quitte à ce que j’aborde plus en profondeur différents éléments que je ne fais que survoler ici…
      Votre mars est très fort en effet, dans un thème féminin, ce n’est pas forcément toujours facile à vivre, surtout selon où il est situé… ;-)

  2. L’article est écrit avec brio et enrichi de belles citations. Lorsque vous écrivez sur l’individuation, le naître à soi-méme, le deuil de quelque chose forcément de plus infantiles, oui dans mon cas actuellement, je dis totalement adieu à la femme -enfant qui m’a longtemps habitée, et c’est comme si je prenais conscience de ma vraie nature d’adulte.

    Cette phrase va en aider plus d’un :  » aussi triste qu’elle peut être, la dépression est une sages